L'ami corbeau et l'ami renard

C’t ami Corbeau, sur un arbre ganguillé
Tenait à plein bec une tomme.
C’t ami Renard, le tarin chatouillé
Lui tint ce discours à la gomme :
Hé! salut c’t ami Corbeau,
T’es rude joli, t’es même fin beau!
Crénom de sort, si ta batoille
Vaut ce plumage qui pendoille,
T’es le tofin des forêts du Jorat.
A ces mots, le Corbeau qui trouve ça estra
Ouvre tout grand son four
Et lâche ses dix-heures.
Le renard chippe la tomme et dit:
Pauvre niolu, méfie-toi toujours des lulus
Qu’ont la langue bien pendue.
Cette leçon vaut bien une fondue!
Le Corbeau dépité, conclut:
Ch’us tondu, j’ai perdu, plus jamais je s’rai eu!

Qui comprend ?

EDIT : Un autre pour la route :pleure:

[i]Ce matin-là, mécol, le Taguenet, j’avais peu d’accouet, j’étais tout moindre. Mais après avoir enfilé mon pantet, je m’emmode. Je vais d’un pas quelque peu vigousse retrouver ma bouèbe pour la cocoler, oui, car je fréquente.

Comme ce n’était pas une mijaurée, tout en lui caressant le cotzon, je lui propose de se préparer à prendre un traclet pour se rendre sur un becquet de par là-haut. On avait grebolé toute la nuit, car il avait fait une de ces cramines à te flanquer la grolette. Le matin, après une puissante roille, une véritable saucée, il a chotté. Il ne restait plus que du mouillon. Heureusement que j’avais une panosse pour essuyer la gouille, il fallait éviter qu’un taborniau ou une bedoume, dont les quinquets étaient encore tous collés, ne viennent s’encoubler dans ce patrigot et cupesser tout à côté dans le ruclon qui sentait encore le brûlon, souvenir d’un feu qui couvait encore depuis la veille au soir.

Avec ma gâtionne, nous décidâmes de nous ganguiller au fin coutzet d’un mamelon des environs. Ma minçolette était gringe, un peu piorne, elle pétouillait car elle avait la trouille. Ayant peur de déguiller, de dérupiter et de s’epécler une piaute, elle s’est mise a quequeiller : Quelle longue tirée pour la descente !

Aussi, après avoir refermé un clédard : Il faut penser aux modzons ruminant dans le pré ! Nous nous arrêtâmes pour souffler un peu dans le cagnard, une espèce de mayen dont le toit était recouvert de tavillons. Nous actionnons le péclet et nous nous cotons dedans. Loin de nous l’idée de foutimasser, de miquemaquer, pas plus que de potringuer, je le jure, ni même de jouer à la courate. Non, notre voeu le plus cher était de s’accorder un clopet réparateur. Quelle pioncée nous avons faite ! Tout ragaillardis, nous retournâmes au village ; mais quelles sont ces brâmées, ces cyclées ?? D’où ce baccanal pouvait’il provenir ?

Il venait de la pinte à l’entrée de laquelle se trouvait un gapion venu mettre un peu d’ordre dans cette chotte. Lors d’une rioule durant laquelle certains clients avaient trop sacrifié à Bacchus après avoir pintoillé
et abusé de la topette (quelle embardouflée ils en avaients), deux toyotzes, de vraies chenoilles, s’étaient lancés des fions puis se sont foutu des agnafes. Nous avions rarement vu pareille astiquée ! Ces deux cradzets s’étaient trivougné à tel point que les deux gniolus avaient le pif tout maillé, tout de bizingue. Nous en étions tout remués.

Vous comprendrez qu’après avoir constaté les dégâts de cette passe de lutte, ma minçolette et moi, nous avions besoin de nous requinquer. Juchés sur des trabedzets quelque peu branlants, nous appelâmes la fille de l’aubergiste, une grande berclure, pouète comme un épouvantial à moineaux et raide comme la justice de Berne. Sa robe, qui avit dû être blanche, était recouverte de tacons virant au grisâtre. Son apparition a déclenché chez nous une de ces détraques, une déguille à se rouler de rire par terre. Cette guïupe, une vraie pèdze, parait-il, selon les gens du village, a servi aux deus affamés que nous étions tout ce qu’il fallait pour se rapicoler.

Nous avons rupé sans nous faire prier de la fricassée de cayons, du gâteau au nion, du gâteau à la cougnarde et du taillé aux greubons, sans oublier des rebibes de l’Etivaz. Le solide a été puissamment arrosé d’un breuvage qui n’était pas, je vous l’assure, un penadzet : il a fallu plusieurs fois rafoncer.[/i]

[Edité le 5/11/2002 par Fenix83]

C’est clair que c’est caricaturé mais dans certaines régions ils parlent vraiment comme ça. Par contre, on utilise quand même beaucoup de ces expressions, par exemple : gaillard, panosse, boguet, vigousse, cocoler, taguenet, bedoume, dâdet, bobet, guibaule, roiller, etc…

Certains ont plusieurs significations, comme roiller peut s’utiliser dans le sens de taper, de pleuvoir ou de fou. Par exemple on peut dire : « t’es roillé ! » (t’es fou !), ou bien « il roille ce matin » (il pleut…) ou encore « ce taguenet ma roillé dessus » (ce con m’a tapé dessus). :smiley: :smiley:

Pas tout le Suisses parlent comme ça quand même (ou alors je m’écoute pas assez).

Disons que c’est d’une parlé d’une région, un peu comme un Marseillais avec son accent et ses expressions. Et encore la Suisse c’est pire, on parle 4 langues, à ça tu rajoutes un franc parlé par région et tu obtients, 7 million d’âmes qui se comprennent plus en faisait 50 kilomètres dans un direction :wink:

non les modzons c’est les bovins ! :wink:

« je m’emmode » = « je démarre » (voiture) ou « j’y vais »
« vigousse » = vigoureux
« une de ces cramines » = Un de ces froids
« puissante roille, une véritable saucée, il a chotté. » = un sacré déluge

EDIT :

[quote]Je rajoute:

Taguenet = idiot du village (né d’un acouplement cosanguin)
modzon je sais plus exactement, faut que je retrouve (j’ai en tête « une petite limace » mais je suis pas du tout sûre)

C’est du patois vaudois, tout simplement.

C’est marrant, roille ça reste très utilisé mais dans le sens " Il roille fort" plutôt que « La roille ».
Ce qui est dingue c’est que certaines mots et expressions sont encore pas mal utilisé dans le language courrant, mais peu de gens se rendent compte que ces expressions de sont pas française.[/quote]
C’est clair, j’ai d’ailleur découvert que de nombreux mots que j’utilise dans le langage courrant ne sont pas français.

Au fait, saviez-vous que le mot choper à des origines vaudoise ?

[Edité le 6/11/2002 par Fenix83]

Je rajoute:

Taguenet = idiot du village (né d’un acouplement cosanguin)
modzon je sais plus exactement, faut que je retrouve (j’ai en tête “une petite limace” mais je suis pas du tout sûre)

C’est du patois vaudois, tout simplement.

C’est marrant, roille ça reste très utilisé mais dans le sens " Il roille fort" plutôt que “La roille”.
Ce qui est dingue c’est que certaines mots et expressions sont encore pas mal utilisé dans le language courrant, mais peu de gens se rendent compte que ces expressions de sont pas française.

plutot du parlé bien suisse, une sorte d’argo
peut etre du dialecte, mais vachement répandu alors :wink:

vigousse, 10 heure, mdr je croirais entendre ma grand-mère (elle est chouette ma grand-mère, une vrai neuchateloise pure souche pur accent pur expressions)

edit: je suis MDR :
-La roille = la pluie
-panosse = serpillière
-pétouiller= avoir des ratés (déconner en gros)
-cyclées=hurlement stridants
-toyotzes= tarés

C’est un peu tout ce que je vois comme ca a la première lecture :smiley: j’imprime ce truc et je la montre a ma grand-mère, elle va bien aimer :wink:

[Edité le 5/11/2002 par Azhag]

[quote]Sacrés suisses! :wink: oui j’ai bien comrpis, quand tu connais l’original no problem évidemment! Et puis en Belgeek on est servi aussi avec les dialectes alors ça va bien!

ps: c’est bien un dialecte suisse au fait? ;)[/quote]
Je sais pas si c’est considéré comme un dialecte. Qui pourrait confirmer ?

Sacrés suisses! :wink: oui j’ai bien comrpis, quand tu connais l’original no problem évidemment! Et puis en Belgeek on est servi aussi avec les dialectes alors ça va bien!

ps: c’est bien un dialecte suisse au fait? :wink: