Au départ, ça part comme une blague: “parait que Lagaf a fait un film, et qu’il a fait 17 entrées à la première séance”.
Pas de bandes annonces à l’UGC (alors qu’on vous a infligé RTT avec Kad Mérad pendant un bon mois), seuls deux cinés qui le diffusent à Paris (dont le Publicis, connu pour sortir les films dont personne ne veut). En plus le film est produit par “Wesh Wesh productions”, ce qui ne peut être que gage de qualité.
Là, une affiche qui confirme que c’est un film de vainqueurs

Ni une ni deux, c’est l’occasion de doubler en une seule fois les entrées du film.
Le baltringue, c’est donc Vincent Lagaf’, qui joue un rôle à la mesure de son talent : un présentateur TV. Incroyable. Un vrai rôle de composition car Vincent, enfin il s’appelle Guy, est un gros reloud qui fait des blagues pas drôles relégué à faire se palucher la ménagère dans un télé-achat du cable (ou de IDF1). Le Laurent Chabrol du pauvre avec moumoute quoi (attention, gags en série avec la moumoute sinon ça nous aurait manqué).
Par un incroyable hasard de scénario, notre Pierre Dhostel de chez Lidl (ouaip, y a la tapette à mouche électrique de Lidl, j’vous dit que c’est du placement produit de concours) se retrouve mêlé à une incroyable affaire de vente d’armes qu’il doit empêcher par tous les moyens.
A ce stade, le spectateur ne peut plus retenir ses larmes, et se cramponne à son siège pour ne pas quitter la salle sous les applaudissements de la foule hystérique (3 spectateurs de l’autre côté de la salle, les yeux exorbités et la bouche béante).
Son acolyte, joué par Philippe Cura, est un espion con comme un balai. On est rassuré, il a donc réussi à s’extraire de son rôle de brute conne comme un balai dans Caméra Café. Sam, donc, est la seule personne au monde capable de ne pas lancer une fatwa sur “merci Guy” (oui, la blague est faite une bonne dizaine de fois, au cas où) après avoir été enfermé avec ce dernier dans une voiture en partance pour la Normandie (hahaha, en Normandie! C’est drôle on vous dit).
Après avoir lamentablement échoué au premier essai, nos compères vont se téléporter au 2e point de rendez-vous et braquer les mallettes. 1 flingue pour deux contre 50 malfrats, c’était jouable.
Après s’être cachés dans une mare, ils se feront rattraper dans une cité de Rouen, car tourner à Argenteuil coutait trop cher. Heureusement ils pourront compter sur la caillera locale pour démonter nos marchants d’arme en leur lançant des ballons de foot à la gueule. Ouf.
Comme vous n’y irez jamais le voir, enjoy la bande annonce qui spoile presque tout le scénar (si on peut utiliser ce mot). Oui, c’est les meilleures blagues du film. Oui l’éclairage et la prise de son sont aussi lamentables sur pellicule.
La bonne nouvelle c’est que le film ne dure que 1h10, ce qui vous évitera d’avoir le temps de vous ronger vos ongles de pieds. Et on capte la 3G dans la salle. C’est sorti mercredi et ça devrait dégager mercredi prochain, non sans avoir réussi à engranger 1% des 4 millions d’euros que le film a couté.
Ah oui y a une scène de presque nu ou Lagaf’ saute sa productrice. Vous pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenus.
PS: Pardon à la madame qui était au 2e rang et qui n’a pas pu profiter du film dans de bonnes conditions. On ne nous y reprendra plus.
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J’oubliais la quote qui tue dans le programme ciné:
« J’étais à un moment de ma vie professionnelle où j’aspirais à faire autre chose. Ma première idée du film était de mettre en scène un animateur populaire d’access prime time. Tout le monde le prend pour le plus gentil de la Terre mais une fois les projecteurs éteints, l’animateur se transforme en tueur à gages. Je voulais vraiment interpréter un personnage dur, un salaud. Mais on m’a prévenu : "�?a y est toi aussi, tu veux faire ton Tchao Pantin’’ »
Je tiens à le rassurer, il ne devrait pas gagner les Césars cette année.
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