Monter sa boite: oui, non, pourquoi, comment?

startup-nation

#21

Ouais pareil pour moi :slight_smile:


#22

Attention, parceque la SCOP c’est pas très compatible avec des investisseurs. Ils n’ont qu’une voix au conseil d’administration et il n’y a que 33% maximum des résultats qui peuvent aller à la rémunération des dividendes.
La SCOP c’est généralement des fonds propres. Tu confirmes @Haza ?

En JV, soit tu as déjà de l’argent avant de te lancer (chomage, assedics, heritage, …) soit faut faire des commandes pour des clients (serious games par exemple). Ca permet de se faire un petit pécule avant de sortir quelque chose en son nom propre. Je ping @Whirly qui est dans ce cas là s’il veut partager un peu de son expérience.

Et pour rebondir sur quelqu’un qui disait qu’il faut bosser dans son coin en étant toujours salarié de la boîte précédente pour couvrir ses arrières, attention à ce que disent vos contrats de travail. Je crois me souvenir que l’employeur de @GFX47 était pas super ravi de voir arriver Gladiabots


#23

En gros, oui. C’est clairement pas le type de structure que tu veux avoir si tu t’attend à faire rentrer des investisseurs (qui veulent, eux aussi, un retour sur investissements).


#24

1: kickstarter
2: faire plein de skins
3:…
4: SUV !
Tout le reste c’est des magouilles pour les gens qu’ont pas de talent.


#25

Même si le contrat n’empêche pas de bosser sur ses propres projets, l’employeur n’est pas toujours d’accord avec ça apparemment ^^’.
Donc je conseillerais soit de leur en parler pour savoir si c’est compatible avec leur vision, soit de bosser sur le prototype sous un alias…


#26

Je flag et je reviens ce soir avec une check-list.
Les autres ont tous raison :wink:

À part la spécificité liée au closing financier et à la vente de la production (j’écarte la fabrication en elle-même, hein), le JV c’est le même combat que n’importe quelle autre société.

On pourrait se lancer dans l’aspect philosophique (être son patron, travailler sur ce qu’on aime, par exemple, que j’entends beaucoup comme arguments pour fonder une société, me paraissent bien idéalistes) mais je ne développerai pas à priori, sinon je vais me mettre à parler comme @Ana-l.

Fondamentaux :

  • un ou plusieurs clients, approchés, fortement convaincus voire ayant signé. Pas de clients, pas de business. Si si, ça mérite d’être dit. La logique « je fais un super produit j’aurai plein de clients » ne peut s’envisager que si tu as déjà tout l’argent pour fabriquer et commercialiser ton produit fini. Imprévus compris. Parce que quand ça plantera ce sera au moins sur un produit réel, terminé et qui aura été payé. Quoi, moi aussi je peux être idéaliste !
  • salarié permanent classique = virement mensuel d’un salaire. À multiplier par le nombre de salariés. Ça va TRÈS vite, un mois, et ce virement récurrent devient de loin ta première préoccupation en tant que chef d’entreprise dès que tu as un peu de staff. Tu m’étonnes qu’après, l’étalon des patrons soit leur nombre total d’employés, c’est une charge vraiment lourde - honnêtement c’est ce qui m’a dissuadé de refaire une boîte avec des permanents. Faut jamais dire jamais mais j’ai appris que, pour moi, c’est trop de pression.

#27

Je vais être super objectif :slight_smile:

Monter sa boite : NON
pourquoi ? : Parceque !

Si tu es pret a bosser 80 heures semaines et te faire pomper les 3/4 de ton salaire par le rsi … pas de prob…

J’avais prévenu. C’est super objectif …


#28

Cette réponse risque d’être longue et de m’occasionner une tendinite, mais je pense qu’il y a deux trois trucs à savoir.

A l’époque je travaillais dans une société de jeu vidéo en Allemagne et grosso modo l’idée nous a éffleuré. Il faut dire qu’un management aussi visionnaire qu’un Gilbert Montagné un soir de cuite qui visiblement appliquait le petit livre du management de merde, chapitre après chapitre, c’était plutôt motivant.

J’avais donc commencé à organiser des réunions de conspirateurs, en gros pour voir qui était partant pour le projet. Parce que créer une boite c’est dur, créer une boite seule c’est un peu comme se dire que faire un world boss en pick up a l’air d’être une super idée.

Rapidement certains se sont dégagés. Et c’était les bonnes personnes. Pourquoi je peux dire ça ? Parce que 15 ans plus tard nous sommes toujours associés.

Notre plan était simple : garder notre day job à bosser pour les Ténardier et passer nos nuits à construire un prototype afin d’aller dégager un contrat. Sur le papier c’était pas mal, dans la réalité toute la boite s’est faite virer 2 semaines plus tard par un powerpoint (times new roman corps 16 noir sur fond blanc) parce qu’ils avaient fraudé le fisc. J’ai pris ça comme un signe et on a décidé de monter la boite.

Pour faire court parce que sinon l’histoire je pourrais en faire 15 pages ; nous avons décidé de nous lancer. Aucune formalité administrative, on se contentait de faire nos journées de taff à mon domicile comme si on était une vrai boite et on l’a finalement créé quand il a fallu signer le premier contrat, et ça à mon avis c’est la bonne façon de le faire.

Quelques enseignements :

  1. On ne créé la structure que si on en a besoin, pas la peine de générer des frais pour ne rien facturer derrière.
  2. La structure juridique de la boite on s’en scotche un peu (je parle des trucs non baba cool genre SCOP ou SCIC), même si la réponse par défaut en France c’est de faire une SAS pour avoir une plus grande fluidité au niveau du capital et des outils financiers.
  3. Je rigole sur le côté babacool des SCIC/SCOP, c’est sans doute très bien pour certaines personnes, mais de ce que j’en ai vu, ça tourne souvent à un remake de Koh Lanta, parce que quand il y a de la merde, il y a toujours un gus qui va devoir s’en occuper et je vois mal comment ce truc peut scaler dans une boite de jeux. Mais j’ai pas la science infuse, il y a peut être des gens qui ont fait marcher ça.
  4. Pour les coûts, suffit de prendre son crayon et de poser sur la table les variables pour avoir une idée du point mort de la boite. Et prendre les bonnes valeurs, genre la différence entre le brut et le complet en salaire c’est environ 40%.
  5. Comprendre qu’en France on a un putain de catalogue d’aide, et qu’en gros si tu les demandes pas, tes concurrents le font et gagnent en compétitivité sur toi.
  6. A 3 associés on couvrait l’ensemble des métiers pour faire un jeu. Mais il a fallu apprendre le reste sur le tas (business, marketing, etc…), chacun sa méthode, la mienne c’était de lire, lire énormément. En gros faut apprendre plus vite que n’arrivent les merdes
  7. Il y a beaucoup plus de trucs à en dire mais là je pense que je sature déjà vos capacités cognitives, le mieux c’est quand même de discuter de tout ça autour d’un bon soda.
  8. Savoir que même si tu décides de ne pas monter ta boite, le fait de comprendre le business et comment sa boite gagne et gère l’argent c’est très utile, surtout quand on discute salaire.

Et pour finir, le jeu est vraiment un business de merde :slight_smile:


#29

Merci pour les differents rappels, notamment sur le cote difficile du business du milieu. Je ne me fais clairement pas d’illusion la dessus. Encore une fois, je lance la discussion pour me faire une idee plus precise des obstacles, et des trucs a prendre en compte avant tout.

Le milieu semble muter (encore une fois, ca a l’air de faire ca par cycle), pour notamment partir sur de plus petites structures avec pas mal de freelancing: c’est notamment le cas de Bithell Games par exemple - meme si le cas de ce dernier est particulier, grace au matelas confortable que Thomas Was Alone a généré - qui se tourne vers des productions plus courtes, avec une core team tres reduite. Les early access ont aussi changé la maniere d’envisager le développement. Je ne me repose sur rien (encore une fois, c’est juste de la prospection d’info)

Le coup des aides, c’est clairement dans le collimateur, avec comme difference que je suis en Espagne. Bonne nouvelle, ils ont mis en place des fonds d’aides en debut d’annee, et ca semble bouger au niveau reconnaissance par l’Etat.

Je continue a prendre des notes. Merci tout le monde!


#30

Alors je dirai juste de se méfier aussi de la charge émotionnelle. Gérer x devs dans sa boite, c’est de voir assurer chaque mois les salaires et quand la trésorerie n’est pas là, le sommeil a tendance à partir en vacance. L’envers de la médaille étant ces gens qui construisent un enfer de précarité au nom de la création de l’oeuvre. On peut aussi rapidement franchir la ligne et se réveiller un jour en étant le salaud de l’histoire. (je ne dis pas que c’est mal de faire bosser des Freelances, juste qu’il y a une différence à faire ça entre adulte consentant et forcer un jeune à finir avec un statut de merde pour distribuer du risque sur ses épaules à lui).


#31

Battu par Whirly. Je peux juste rajouter de l’eau au moulin :

et l’argent il vient d’ou?
De là où tu peux. Tout personne qui te paie est un client. Quand on demande “qui est ton client”, c’est l’éditeur qui te finance, le joueur qui pré-achète en direct ou la boîte qui te paie une prestation d’intégration. Les notions B2B2C, B2C+B2B sur le même produit - qui sont celles pratiquées en industrie culturelles - sont hyper chiantes à comprendre pour les autres types de sociétés. Et de certains invests.

Comment on paye les salaires?
Avec ta tréso. La différence entre la tréso, le disponible, la valorisation et toutes les autres notions va devenir très nette quand tu réaliseras que c’est la trésorerie qui importe. Le reste c’est très gentil mais ça paye pas à bouffer à tes salariés

Combien je mets de cote avant de me lancer?
Fais ton plan de charges. Considère que toutes tes sorties vont gonfler de 20%. considère que tes rentrées sont décalées de 6 mois par rapport à ton hypothèse pessimiste.

Aupres de qui je m’endette?).
D’une autre banque que celle qui gère ton prêt immobilier. Après de ta famille si c’est pas l’argent de leur PEL. Auprès 'un pote un peu riche mais si tu crames 50% de ce qu’il t’a filé sans voir de progrès sur le front de la vente de ce que tu fais, préviens-le.

Qu’est ce que ca signifie en terme de responsabilites, de contrats, de depots?
Tu es responsable de tout. Ca risque au social, au pénal, au civil. Mais tout se discute, s’explique, se prend avec du recul. J’étais vraiment terrifié de la visite de mon premier huissier (et encore, j’étais salarié). Depuis, je sais appeler Pôle Emploi pour discuter des pénalités liée au mois de retard dans les versements, ne pas paniquer quand ton banquier t’appelle (c’est rarement quand tu as touché un gros chèque).


#32

Je suis sincèrement désolé de cette interruption triviale, mais plusieurs fois, en lisant le titre de ce sujet la tête dans le sac j’ai à chaque fois lu “Montrer sa bite : oui, non, pourquoi, comment?” avant de réaliser que ce n’était pas possible vu le forum…


#33

Ne pas oublier aussi de préciser qu’il est stupide d’injecter ses économies dans une boite pour se ressortir du salaire derrière. Cela n’a aucun sens économique. Dans ce cas il vaut mieux garder son argent, et ne pas se verser de salaire.


#34

Je pense que tu confonds des trucs: Etre en SCOP ne signifie pas “tout le monde est à égalité” (même si certaines SCOP sont montées comme ça). Ca veut juste dire que tout le monde a des parts dans la boite (et pas forcément à parts égales). Tu as encore une hierarchie etc. Par contre effectivement ça peut donner des choses bizarres vu que l’équipe que tu gères, c’est aussi tes actionnaires …
Le principal impact de ce montage du coup, c’est normalement que les gens sont super motivés pour bien faire les choses vu que si la boite marche, ils touchent plus de sous vu que la boite leur appartient.

RIEN n’est impossible ici, on a des spécialistes pour tout :slight_smile:


#35

Ah oui n’oubliez pas un truc . Qui dit Creation de boite , dit etre patron , et du coup on se dit cool je ne rends plus de compte à personne … FAUX , vous n’aurez jamais autant de compte à rendre :

-vos clients
-vos salariés
-votre comptable
-votre avocat
-votre banquier perso et pro
-et surtout les impôts…

Quand on est salarié c’est juste rendre des comptes à son supérieur et…c’est tout…

N’y voyez pas de liberté plus importante, c’est une illusion .


#36

Rigolo, c’est dans le JV que j’en avais entendu parler la première fois. C’était Motion-Twin
En cherchant j’ai trouvé que DOWiNO avait les mêmes statuts. C’est eux qui ont sorti A Blind Legend que j’avais d’ailleurs kickstarté à l’époque


#37

Ok, dans l’absolu je pense que tu peux avoir des gens motivés quel que soit l’organisation, c’est d’ailleurs très bien expliqué dans Stelaris :slight_smile: Mais je pense qu’il faut être conscient des contraintes des SCOPs dès le départ, parce que c’est quand même très impliquant au niveau des contraintes.

Après, comme je le dis souvent, ton contrat ne vaut que la relation de confiance que tu as avec l’autre partie.


#38

On va dire que quand tu débutes, que tu es 3 avec les mêmes ambitions et la même vision, c’est triviale. Mais comme ils le disent dans l’article, la croissance est très complexe, complexe pour des contraintes de financement (en principe pas d’investisseurs externes, les banques qui te regardent comme si t’avais passé 300h sur Destiny 2) et des contraintes de recrutement. Parce qu’il faut vraiment trouver des gens qui sont dans le mood et qui jouent l’équipe.

Dans une structure plus classique, rien n’empêche de gérer ça en toute transparence avec de la redistribution de la richesse, un peu sur le thème des entreprises libérées.


#39

C’est bon, j’ai compris le message: je ne monte pas de boite, et je vais bosser dans la finance, ou l’Assurance, ou dans un truc blockchain-poi-poi-alacon. :grin: :face_with_monocle:

Ou je pars completement a l’oppose du spectre:


#40

Un bar à chat stp ! :slight_smile: