Stay

J’aimerai bien les opinion de ceux qui sont allés voir ce superbe film.

Mon premier avis, et celui d’un pote:

Le film commence par l’accident d’Henri et se poursuit ensuite par son imagination dûe à sa commotion cérébrale, mélangeant dans son délire tous les figurants de son accident, son sentiment de culpabilité pour l’acident, ses souvenirs personnels et les points de vue narratifs.

Mais j’y vois un gros problème:

Dans son rêve il voit des personnages qu’il n’a pas encore rencontré au moment de son accident: par exemple on voit rapidement le gamin dans le “rêve” alors que que dans la réalité, le gamin ne pointe son nez qu’à la fin.

Une seconde idée:

Au moment de sa mort, plein de culpabilité, il se crée un enfer, un univers démentiel destiné à purger sa peine dans la souffrance. Mais là on tombe dans un délire théologique sur la mort qui ne semble pas du tout être le but du réalisateur.

D’autres idées ou théories?

nd baph: corrigé.

Sinon, sans m’étaler sur l’histoire qui a somme toute déjà été vue, et d’ailleurs, j’ai la même interprétation que vous, je trouve que la réalisation est vraiment magnifique. On a droit à un montage superbe, comme on peut rarement y avoir droit, comme dans Fight Club, par exemple.
Des plans vraiment superbes, sans compter le talent de McGregor et celui de Naomi Watts (que perso je pourrai suivre de partout depuis Mulholland Drive) et la musique, excellente. Les trois moteurs principaux d’un film que je trouve les plus primordiaux sont vraiment superbement représentés, et j’ai vachement aimé ce film.

Vu ce matin… J’ai aimé certains plans, les nombreuses transitions “rigolotes” (mais qui sont encore loin des prouesses de réalisation de Fight Club pour moi), mais… ça s’arrête là. C’est naze.

Je trouve que c’est un nouveau membre du club grandissant des films qui voudraient être intelligents et malins, mais qui tombent à plat. Ca pullulle depuis les succès de Fight Club, 6th Sense, etc.

J’apprécie pas du tout quand la fin d’un film te fait foutre à la poubelle les 1h45 qui précèdent. Parce que là, c’est un peu le cas. Là où les révélations finales de certains films (comme Fight Club justement) permettent d’expliquer le film, ou de le voir d’une toute autre façon, les films à la Stay disent simplement “tout ce que vous avez vu, on l’expliquera pas parce que c’est juste les hallucinations désordonnées d’un gars en train de mourrir”. C’est clair qu’avec ce genre d’artifice scénaristique à 2 balles, on peut se permetttre de faire des scènes toutes bizarres, de faire tourner en rond le spectateur (qui va essayer de trouver une explication valable), tout ça pour au final balancer l’équivalent d’un “et il se réveille et c’était juste un rêve”. Il ne reste plus qu’à démarrer le film avec une voix off qui dit “De tous temps, les hommes…”, et on a un script qui mériterait la poubelle dans n’importe quel cours de littérature.

Non mais j’ai jamais comparé ce film à Fight Club, j’ai juste apprécié que la réalisation s’en approche, y’a un monde entre ces deux films, tout le monde en est conscient.

Le problème de ces genre de “révélation” c’est que ça peut marcher que si ça a été longuement mis en place, tout le long du film, et là, en l’occurence, c’est pas le cas, et c’est ça qui marche si bien dans Fight Club.

Et c’est précisément ce que j’ai pas aimé dans ce Stay, l’histoire.

Mais alors y’a vraiment tout qui rattrape, autour, d’après moi.

Vu hier soir, et j’ai beaucoup aimé : je me suis simplement laissé prendre au jeu et suivi l’histoire sans trop me poser de questions ce qui m’a permis de trouver la “révélation” simple et touchante.
Parfois il est bon de se laisser prendre par le film et ne pas se poser de questions sur les mécaniques et etc… à vouloir être plus malin que le réalisateur/scénariste pour sortir de la salle dans un triomphant “ça fait une heure que je l’avais vu venir” B) .
Et Stay est justement ce genre de film qu’il faut “regarder”.

A part ça (comme l’a dit Olryn) la réalisation et notamment le montage sont excellents et desserve parfaitement le sujet (et c’est d’autant plus vrai après la fin). Les acteurs sont juste splendides, notamment celui jouant Henri (et dont j’ai la flemme de faire une recherche sur imdb pour voir le cursus).

En un mot : à voir (oui oui, ça fait 2, je sais)

Et pour répondre au premier post :

[quote]Mais j’y vois un gros problème:

Dans son rêve il voit des personnages qu’il n’a pas encore rencontré au moment de son accident: par exemple on voit rapidement le gamin dans le “rêve” alors que que dans la réalité, le gamin ne pointe son nez qu’à la fin.

Je crois pas qu’il faille voir la chose de manière linéaire, le “délirium” d’Henri à lieu pendant la scène de la révélation finale, et c’est bien pour ça qu’on voit des éléments se mélanger (le gamain qui demande s’il va mourir, les vieux qui disent qu’il ne s’en sortira pas)…
Du moins c’est comme ça que je l’ai compris.

Bah moi j’y arrive pas à faire ça :smiley:
Dans les films policiers, je me demande qui est le meurtrier (et je me sens trahi quand le réalisateur trompe de manière honteuse le spectateur, comme dans le récent Mystère de la Chambre Jaune). Dans les films bizarres, j’essaie de trouver une explication parceque… bah parce que quand je vois un truc bizarre, je me demande ce que c’est! :stuck_out_tongue: Même dans les histoires d’amour, je me demande comment ça va finir, et dans les films comiques, je cherche inconsciemment à deviner les gags qui vont arriver!
Je m’aperçois que j’arrête de me poser des questions seulement quand le scénario est assez surprenant et original pour me peaumer totalement… à condition que ça tienne la route quand même à la fin (ce qui pour moi n’est pas le cas dans Stay).

Bof. J’ai trouvé Stay vide de sens.

Au final, un film inutile, sans raison, au scénario peu consistant. Manque un bon McGuffin.
La réalisation de Marc Forster est pareille : inutile. Clinquante. De la poudre aux yeux. Des effets partout, à répétition, sans que ça serve le récit plus que ça. Mais heureusement qu’elle est là, sinon le film tomberait à plat et se ferait un joli claquage.

Qu’est-ce que j’en retiens ? Un Ewan McGregor parfait, comme toujours, une Naomi Watts au talent certain, un Ryan Gosling en valeur montante et un Bob Hoskins en clin d’oeil. Rien qui ne puisse être vu ailleurs…

Un film qui sera vite oublié.

Dans le même domaine du rêve avant la mort, L’Echelle de Jacob était bien plus réussi.

Voilà, c’est précisément ce pourquoi je me bagarre avec mon équipe de réalisation et mes profs, à l’école. Je suis persuadé qu’on peut faire une réalisation clinquante, avec des effets partout, des cadrages bizarres, des faux raccords, des scènes épileptiques… sans que ça serve forcément le récit.

Je suis d’accord, faut pas que ça saoule, genre dans Night Watch, c’était bien lourd, au bout d’un moment. Mais là, j’ai trouvé ça subtil et vraiment super agréable, un très bon compromis, d’après moi.

Après, je suis d’accord qu’on entre un peu plus dans le domaine du clip et qu’on quitte un peu celui du film, mais à dose raisonnable (et là ça me l’a semblé, raisonnable B)) on ne peut à mon avis qu’y gagner. Après bon, ça dépends du film, hein.

Sinon j’suis super d’accord avec toi, L’echelle de Jacob est mille fois supérieur dans le domaine, et j’y associerai même Mulholland Drive, parceque Lynch est littéralement un génie pour faire ce genre de trucs et que Naomi Watts, encore elle, y excelle d’autant plus.

C’est un point de vue osé. Dans de rares cas, je dis oui. Amen. Comme pour Domino de Tony Scott, et je dirais même que c’est le cas ultime. Mais sinon… A quoi ça sert ? A faire joli ?
Pareil, pour un clip, si la réalisation n’est pas un minimum en osmose avec la musique, c’est pour aller vers quoi ? De l’expérimental ?

Dans Stay, j’admets qu’il n’y a pas overdose d’effets. Mais l’utilisation qui en est faite (hop, regardez ma transition !), la répétition (regardez, je fais trois fois la même transition, mais avec des lieux et des personnages différents !)… C’est absolument vain. Maintenant, c’est mon avis, je le partage.

EDIT : tiens, tu parles de Lynch, ça me donne envie. J’ai encore un peu de mal avec Mulholland Drive qui, je trouve, reprend trop le concept de Lost Highway en l’utilisant avec moins d’ingéniosité. Mais c’est peut-être le réalisateur qui fleurte le plus avec le rêve et l’imaginaire en gardant une réalisation “basique” (soit : sans psychédélie).

Ex-ac-te-ment, je crois que tu pouvais pas mieux le qualifier, franchement B)

C’est fou l’onirisme qui ressort de ses films tout en gardant un style très sobre, et c’est ça, je pense qui met tellement (positivement) mal à l’aise chez lui. On peut cracher sur ses « histoires incompréhensibles », j’attends avec impatience le jour où je trouverai dans un film une ambiance aussi riche que celle de la Red Room de Twin Peaks.

Sinon, je me trouve Domino dès que je peux, et je suis prêt à ravaler mon point de vue :smiley:

Edit : En fait je sais pas si j’ai été clair, pour le principe de la réalisation avec les effets partout. Je suis entièrement d’accord que ce ne doit pas être placé n’importe quand, comme ça a été fait dans NightWatch, pour reprendre mon exemple, mais que ça ne doit pas forcément servir l’histoire, mais surtout… euh. comment dire… un… « flux » de rythme et de mouvement qui doit être cohérent (ou pourquoi pas totalement incohérent, si c’est volontaire) et au service de des actions, surtout. Je tiens à préciser que je ne me suis pas drogué.