Bon, mon titre pourrait faire penser que je suis prêt à pondre un essai mais je vais essayer de faire vite. Deux questions introductives d’abord:
-Pourquoi les « DJ » qui « mixent » en soirée étudiante se sentent-ils quasiment toujours obligé de passer L’Aventurier d’Indochine (
) ainsi que Bloody Sunday de U2?
-Pourquoi l’électro passe à la trappe en fin de soirée pour laisser la place à du rap/ragga dance-hall?
Première précision: je ne fais aucun sectarisme, je n’ai rien d’élitiste non plus, si vous traînez sur le sous-forum musique vous avez peut-être remarqué que mes horizons musicaux était assez varié avec toutefois un léger blocage sur le hip-hop (rap?) français. Enfin bref, là on parle de soirée et les quelques soirées étudiantes auxquelles je suis allé m’ont fait dresser un amer constat: la ziq balancée (est-ce qu’on peut parler de mix? Non la plupart du temps…) ne me fait pas « bander ». Exemple de la dernière en date. J’arrive sur les coups de 23H, c’est de l’électro de club de base, boarf ça me va. Quelques exemples: Call On Me et consort type compil’ Ministry of Sound avec un petit Rollin’ & Scratchin’ et la Rock 1 (Vitalic) intercallés ici ou là. Suffisant pour me faire bouger, ça dure à peu près une heure. Et là, grand Dieu, Bob Morane. Gloups… enchaînement suivant: Bloody Sunday, Sweet Dreams (aaaah!) et quelques autres « bons crus » des années 80 (l’espèce de « tududududududu dududududu » bien kitsh)… Ouaip… J’étais pour ma part en train de siroter une bière (bon, un coca en fait ^^) en regardant tous ces jeunes de mon âge visiblement heureux de se déancher sur la musique qu’écoutait leurs grands frères. Le pire était à venir, après une heure de session années80/rock sans aucune cohérence il nous sert LA musique qui me hérisse le poil: les trucs « latino-ragga ». En vrac j’entend des choses comme « Tenga la camisa negra… », « Dame un beso… » sur des « gling gloung gling ». Hum, y a pas à dire, pour danser à 2H du mat’ c’est génial. Et le type aux platines s’entête, cette session n’en finit plus. S’en est trop, je quitte l’endroit sur les coup de 2H30 alors qu’en passant la porte j’entend résonner « nanananna, gasoooliiina » (
). Ouch, dur dur de prendre son pied…
Fin de l’expérience personnelle mais je tiens à préciser que ce schéma de « bande son de soirée » est assez fréquent dans les soirées étudiantes. Pourtant… pourtant tout cela est plat, sans progression (et surement pas du bpm) et sans AUCUNE recherche d’originalité. De la musique soupesque qui en a fait déserté le dance-floor plus d’un. J’engageais donc le débat hier avec deux, trois amis qui déplorent eux aussi la pauvreté de la musique de nos soirées. Ils m’expliquent leur point de vue qui tient principalement en un argument: les gens aiment danser sur ce qu’ils connaissent déjà, le DJ n’a donc pas besoin d’aller piocher plus loins que dans la grille de programmation de NRJ ou de radio Scoop (la radio soupe lyonnaise). Mouais, je leur retorque que j’ai jamais été autant pris par un mix qu’il y a quelques mois à la Fée Verte (bar/club lyonnais) alors que la DJette break-beat (Flore) a enchainé des disques qui m’étaient inconnu (à part le NY Excuse de Soulwax). Bon, d’accord la moyenne d’âge était plutôt 25-30 ans que 19-22 ans mais ça semble démontrer qu’il est absolument inutile de connaître ce que l’on entend pour commencer à bouger. Mes amis me répliquent « Oui, mais bon, tu sais il en faut pour tout les goûts, la petite catho doit avoir son rock avant 2H et le kéké son Sean Paul pour « serrer », les minettes leur demi-heure « latina » etc… ». J’avance qu’à la même soirée à la Fée Verte Flore a réussi à faire danser un de mes amis qui sort rarement de son univers rock-rétro! Le débat n’est pas aller plus loin, eux restant persuadé qu’une soirée étudiante est voué à être musicalement naze et qu’il vaut mieux fréquenter des clubs pour des choses originales; et moi estimant toujours qu’un bon DJ, en « lançant » les gens avec des trucs bateaux, peut très bien arriver à faire monter la fièvre avec brio et arriver à amener un maximum de monde à un état de transe sur une session tech bien speed sur les coups de 4H.
J’aimerai donc avoir l’avis de la zone et de son petit vivier de DJ. Si vous avez eu l’occasion de faire des soirées étudiantes est-ce que votre optique est en effet très différente de celle que vous avez quand vous officiez dans un club où la clientèle est plus pointue? Sans aller chercher des sets obscurs je me dis, merde, pourquoi on a jamais un petit Teachers (la reprise de Soulwax) de derrière les fagots ou une session « DJ Marky-like » carrément entrainante? Pourquoi quand un titre rock passe c’est un titre ultra-rabbatu et pas une perle indée péchu du moment(et il y en a beaucoup!)? Je demande pas grand chose, un Basement Jaxx, un Thin White Duke, un Royksopp bien remixé… ça doit pouvoir fonctionner quand même? Parce que là si je suis voué à entendre La Gasolina à chaque fois que je sors l’avenir m’apparaît dès lors bien sombre… 