Hunger

Cette semaine étant celle du festival Télérama (jusqu’au 28/01) et Hunger étant parmi les films retenus, je ne résiste pas à l’envie d’en parler.

Alors de quoi que c’est que ça parle ? Je serai presque tenté de dire que c’est annexe, tellement la claque émotionnelle est énorme et intemporelle, mais ça ne serait pas très sérieux, ni vendeur.

L’histoire se passe en 1981 dans la prison de Maze, en Irlande du Nord. Plus précisément, elle porte sur le “quotidien” des prisonniers politiques de l’IRA, qui pour protester contre leurs conditions de détention (vous n’êtes plus personne, vous êtes moins qu’un animal, enfin vous voyez le truc) entre autres entameront plusieurs séries de manifestations: refus de porter l’uniforme de condamné, “Blanket and No-Wash Protest”, rejet du port des vêtements civils proposés par la direction de la prison, grêve de la faim organisée…

Les premières minutes plongent directement dans l’ambiance, et quelle ambiance. Je crois n’avoir jamais ressenti à tel point l’isolation carcérale, la crasse (et encore, pléonasme), la violence d’une prison. Elle vous agresse, vous mets mal à l’aise, vous étouffe tout au long des minutes passées en cellule à suivre, ou plutôt à contempler, les protagonistes. Il faut d’ailleurs noter ici qu’une des faiblesses du film est certainement une difficulté à suivre “qui est qui”. Personnellement, si j’y vois un intérêt, après tout, qui se fout de savoir le nom d’un prisonnier, cela peut gêner. Et n’escomptez suivre à l’aide des dialogues, ceux-ci sont réduits à leur strict minimum. Mais en 1981, dans un quartier pour prisonniers politiques, êtes vous là pour parler et souhaite-t-on vous entendre ?

Bref, un film difficile à narrer, tellement il confine à l’expérience personnelle. Alors quoi au final: une ambiance extraordinaire (pas à dire Prison Break c’est grand luxe 5 étoiles à côté. Très franchement, un film à montrer aux caïds qui disent ne pas avoir peur de la tôle), une construction visuelle brillante, des acteurs qui jouent juste. Et que dire de cette scène de dialogue entre Bobby Sands (une figure politique et l’un des instigateurs du mouvement de grêve de la faim à venir) et le père Moran. Le seul dialogue du film un tant soit peu “long” qui articule le film: il explique ce que l’on a vu et nous prépare à ce qui arrive. Et puis c’est le genre de dialogue qui ne laisse pas insensible, que dire d’une grève de la faim comme celle là: protestation, activisme politique, terrorisme ?

Je ne sais pas si je vous ais donné envie de le voir avec ses quelques lignes, j’espère que oui. Parce que franchement, c’est une claque ce film, une vraie, une de celle où on se dit après coup: “Ah bordel, celui là, merci de me l’avoir conseillé”. FONCEZ!

Oui. Mais il passe pas à Nice. Ville de vieux cons :).

Un moment de cinéma qui restera gravé tant dans ma tête que dans ton estomac.
Des images magnifiques, Des acteurs qui vous propulsent juste a coté d’eux, dans cette prison
dans leur enfer…

La puissance des idéaux, et des convictions, qui peuvent transformer des hommes.
Franchement une expérience qui m’a profondément marqué.

[Gros HS : je profite de l’intro sur l’excellent festival Télérama, pour rajouter ce lien.
Il ya franchement des perles a ne pas rater (Juno, Valse avec Bachir, Into The Wild, Darjeeling Unlimited),
C’est une bonne occasion pour les parisiens d’aller s’enfermer dans des salles noires… ]

Visuellement magnifique, des associations de couleurs superbes, des plans pépites, bleu, rose/rouge, marron, vert, tout ça est superbe. L’histoire est horrible, une vraie puanteur, c’est dur et le dialogue entre Sands et le prêtre est déjà cultissime.

Génial!