Time Machine

Nous sommes en 1981, Mitterrand est au pouvoir depuis quelques mois, Ronald Reagan, l’ancien acteur, est au bureau ovale depuis le début de l’année, Mick Jagger se trémousse au son de Start me up (qu’on réentendra pour le lancement de Windows 95), d’autres sur le Tainted love de Soft Cell. Le 12 août, IBM lance l’IBM 5150 PC, le premier PC.

L’idée.
Au début des années 80, Big Blue domine le marché des gros systèmes, avec trois milliards de dollars de CA, mais ne sait pas faire un micro-ordinateur. Juillet 1980, Frank Cary, son président, prend les choses en main et installe une équipe indépendante à Boca Raton (Floride), loin du reste de l’entreprise. Le but ? Mettre au point une machine en 1 an au lieu de 4, temps que la conception aurait nécessité si elle avait eu lieu en interne. Et 4 ans, c’est beaucoup trop long. Les ingénieurs se mettent au travail, ainsi que les sous-traitants, deux petites start-ups de la côte Ouest : Intel, qui fabriquera le microprocesseur, et Microsoft, dirigée par un Bill Gates alors agé de 25 ans, qui mettra au point le système d’exploitation (MS-DOS).

Un beau bébé.
Près de 12 Kgs (ajoutez 2,7 Kgs pour le clavier !), un écran monochrome à l’affichage vert fluo, un processeur Intel à 4,77 MHz et 16 Ko de mémoire, l’IBM 5150 PC est vendu 1565 dollars, l’équivalent de 4000 dollars actuels. Le triple pour un écran couleur, une (bruyante) imprimante matricielle et deux lecteurs de disquettes au format 5,25 pouces. Les commerciaux entrent alors en scène, surfant sur la confiance qu’inspire IBM, ils arrivent à convaincre des clients auparavant réticents devant la micro-informatique et parviennent a placer 1 million de machines sur 4 ans, en remplacement des terminaux reliés à un gros ordinateur central.



Seriously.

“Welcome IBM. Seriously” c’est avec ces mots que Steve Jobs accueille le nouveau venu, ne se doutant pas que Big Blue allait imposer un nouveau standard : “l’IBM PC”, entraînant à sa suite Intel et Microsoft qui feront fortune en vendant aussi leurs produits à d’autres, n’étant liés par aucune clause d’exclusivité dans les contrats. Une grossière erreur d’IBM qui permettra l’apparition des PC compatibles.


L’ordinateur, élu “Homme de l’année” 1982 par TIME Magazine.

Un quart de siècle plus tard, jour pour jour, 95% des micro-ordinateurs vendus dans le monde sont des PC.

Bon anniversaire !!!

Sources : rfi.fr digitalworld.fr tageblatt.lu lefigaro.fr volle.com

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ce qui est marrant est que l’on revient de plus en plus au client léger et au serveur central.

Bussiere

Rassure moi, tu ironises en disant ca ?

[quote=“Bussiere, post:2, topic: 30344”]ce qui est marrant est que l’on revient de plus en plus au client léger et au serveur central.

Bussiere[/quote]
Tu crois vraiment? Hmmm…

Mon grin de sel à moi, en racontant une belle histoire peut-être pas vraie, peut-être connue de tous, peut-être mal contée.

La légende raconte que Billou est devenu plus riche que l’oncle Picsou… par hasard!

En effet, lorsqu’IBM se fixa la tâche de “un foyer, un PC”, ses employés commerciaux (appelés les Blue Men en raison de leur costume aux couleurs de la société) sillonnèrent les Etats-Unis (surtout la côte Ouest) pour trouver les composantes du système. Leur prochaine et dernière destination, 3 jours avant le terme de leur voyage, était dans l’état de Washington, pour y rencontrer un certain informaticien dont l’Histoire a oublié le nom (enfin… moi en tout cas) Gary Kildall, qui avait mis au point un système d’opération qui semblait approprié aux besoins d’IBM. Mais celui-ci… Etait parti faire de l’aviation! Il doit s’en ronger les ongles maintenant. Mais les Blue Men (image reprise plus tard par Intel pour ses publicités) durent trouver une solution de rechange pour satisfaire leur patron, et ce dans un délai de trois jours.

En rentrant, dépités et fatigués du voyage, ils remarquèrent une petite société, “Trèspetitdoux”, dirigé par un jeune de 25 ans Guillaume Portes, ancien étudiant d’Harvard, qui leur promit, après qu’ils lui ont expliqué leur problème, un OS fonctionnel pour le lendemain (ce paragraphe vous a été présenté par l’Académie Française).

Mais Bill Gates n’avait pas vraiment d’Os prêt. Il alla donc chez une de ses connaissances, Tim Peterson, propriétaire d’un magasin d’informatique qui avait écrit son “QDOS” (Quick and Dirty Operating System, que je ne vous ferais pas l’affront de traduire) et lui racheta celui-ci pour 56’000$ de l’époque, soit 2.5 fois plus aujourd’hui, sortez la calculatrice de votre QDOS.

On connaît la suite…

[quote=“CyBoRG31, post:5, topic: 30344”]Mais Bill Gates n’avait pas vraiment d’Os prêt. Il alla donc chez une de ses connaissances, Tim Peterson, propriétaire d’un magasin d’informatique qui avait écrit son “QDOS” (Quick and Dirty Operating System, que je ne vous ferais pas l’affront de traduire) et lui racheta celui-ci pour 56’000$ de l’époque, soit 2.5 fois plus aujourd’hui, sortez la calculatrice de votre QDOS.

On connaît la suite…[/quote]

Oui mais le Patterson avait juste créé à la va-vite un “système” de manière à pouvoir porter facilement sur les x-86 d’Intel les applis prévues pour l’OS de Digital Research, le CP/M, qu’IBM avait tenté d’approcher pour son Personnal Computer.
La légende veut que des morceaux entiers de CP/M ont été repris dans QDOS. B)

[quote=“DexterWard, post:3, topic: 30344”][quote=“lije, post:1, topic: 30344”]
… n’étant liés par aucune clause d’exclusivité dans les contrats. Une grossière erreur d’IBM qui permettra l’apparition des PC compatibles.[/quote]
Rassure moi, tu ironises en disant ca ?
[/quote]
Evidemment. Si IBM avait vraiment cru au micro-ordinateur, ils auraient blindé le truc façon Apple, concentré leurs efforts (et ils en avaient les moyens) sur le marché naissant et personne n’aurait pu sauter dans le train en marche (bye bye les clones Compaq, HP, Dell, Fujitsu etc…). D’après certains, IBM aurait même très bien pu se passer des services d’Intel et de Microsoft quand ils ont créé leur branche PC en 1980. Enfin… Avec des “si”…

Big Blue serait peut être devenu un Apple puissance 10 avec ce monopole ou peut être que la pomme aurait pris plus de parts de marché… Qui sait ce que serait le parc informatique mondial aujourd’hui ? Me demandez pas de sauter dans un vortex à la Sliders, j’ai déja fait un grand tour de machine à remonter le temps hier soir (comprennez j’ai bouffé pas mal de doc) B)

Au lieu de ça, IBM s’est retrouvé en difficulté, le micro-ordinateur venant même concurrencer ses mainframes, l’essentiel de ses revenus. La boite a failli se retrouver au tapis, n’arrivant pas à s’adapter à la nouvelle donne tout le long les années 80/début des 90, elle a fini par se tourner vers le secteur des services et a finalement vendu sa division PC à Lenovo.

Hum… Les Blue Men, c’est un groupe de 3 artistes qu’Intel avait engagé justement pour faire la pub des Pentium III ou !!! (enfin OSEF).

Les Blue Men d’IBM, étaient justement appelés les Hommes en Bleu car ils avaient des costumes… bleus (et indirectement, y’a du Grand Bleu / Big Blue là dessous).

Sur les compatibles PC, on a eu droit (enfin vous avez eu droit, j’étais Intellivision -> C64 -> Amiga 2000 et Amiga 4000 pendant ce temps) à MSDos, CP/M, Dr Dos et d’autres encore.

Boca Raton, c’est une des capitales mondiales de spammers, et un ancien port pirate B)

ca y est, c’est officiel, je deprime sec : je suis officiellement plus vieux que le PC arggggggg

Quelques petites corrections…[ul]
[li]IBM est d’abord allé voir Gary Kildall mais il faut préciser que Gary Kildall est le fondateur de Digital Research… Leur OS, Control Program/Monitor (CP/M) était en particulier disponible sur Z80 (si vous avez eu un Amstrad, vous avez eu votre CP/M). Il y a plein de légendes urbaines sur pourquoi IBM n’a pas fait le deal avec Gary Kildall mais elles sont fausses. Si IBM était vraiment intéressé par l’OS de DR il auraient pris un rendez-vous non ? En fait Gary Kildall a refusé de vendre tous les droits de CP/M 86 à IBM. Je suppose que seul lui et les responsables d’IBM de l’époque savent vraiment ce qui s’est passé (et ça n’a aucune importance, une histoire de plus dans l’histoire de : je ne sais pas faire une ou deux concessions pour vendre mon produit);[/li][li]MS-DOS est en toute objectivité une copie de moins bonne qualité, il n’y a pas de support multi utilisateur par exemple, mais à l’époque ce genre de fonctionnalité sur un micro ordinateur n’avait pas d’utilité délirante et Microsoft corrigera le tir plus tard avec NT. La supériorité technique n’est pas forcément ce qui fait le succès d’un produit, on pense à VHS contre Betamax, etc.;[/li][li]QDOS est effectivement basé sur CP/M 80 de Digital Research mais le fs et beaucoup d’autres parties étaient différentes;[/li][li]Quand Microsoft a contacté Seattle Computer Products (SCP) ils n’avaient pas le droit de leur dire que leur client était IBM;[/li][li]Microsoft a acheté une license de QDOS à SCP pour $ 25 000 en Decembre 1980 ($ 10 000 pour le droit de vendre DOS et $ 15 000 pour chaque client OEM) et a acquis ensuite tous les droits en Juillet 1981 pour $ 50 000. 5 ans plus tard, après une bataille légale, Microsoft a du payer $ 925 000 à SCP;[/li][li]DR-DOS a menacé à l’époque Microsoft de poursuites, mais ils ont abandonné quand ils ont eu l’autorisation de vendre CP/M-86 en alternative de PC-DOS, sauf que DRI devrait payer $ 240 par produit contre $ 40 pour Microsoft. Bravo Gary t’es vraiment le plus fort;[/li][li]Lorsque DR-DOS a lancé son clone de MS-DOS, Microsoft a été obligé de baisser fortement ses prix ce qui a eu un impact très négatif sur ses bénéfices. Bill Gates estimait qu’il aurait pu vendre MS-DOS entre 30 et 40% plus cher sans cette concurrence;[/li][li]Plus tard, Digital Research fut rachetée par Novell. Et un jour Novell fut rachetée par Caldera, une société fondée par un ex-leader de Novell. Il entama des poursuites contre Microsoft pour concurrence déloyale obligeant Microsoft a payer des dommages et interêt entre $ 150 000 000 et $ 200 000 000 à Caldera pour qu’ils les abandonnent;[/li][li]Et oui à l’époque Steve Jobs avait déjà une mauvaise foi à toute épreuve. N’empêche qu’il a du mettre son slip brun quand il a vu qu’IBM débarquait sur le marché des ordinateurs personnels.[/li][/ul]

pour les apllis pros oui.
et puis le web 2.0 tout ca les applis live de windows, google etc …
Bussiere

te plaint je me suis pris une grosse baffe dans la gueule quand en discutant info avec le copain de ma soeur ceux ci m’ont dit qu’internet pour eux avait toujours existé.

Bussiere

B) Et ils t’ont cru facilement quand tu leur a remis les pendules à l’heure (enfin, les cadrans solaires, en ce qui les concerne: faut pas déconner quand même)?

[quote=“Bussiere, post:12, topic: 30344”]pour les apllis pros oui.
et puis le web 2.0 tout ca les applis live de windows, google etc …
Bussiere
te plaint je me suis pris une grosse baffe dans la gueule quand en discutant info avec le copain de ma soeur ceux ci m’ont dit qu’internet pour eux avait toujours existé.

Bussiere[/quote]
Bah pour le pro y’a quand même une sacrée tendance à utiliser des ensembles de pc normaux pour faire serveurs. Et au sujet des appli “live”, l’application est quand même téléchargée et éxécutée côté client. On est loin du terminal qui ne sert qu’à afficher. (D’ailleurs tu regarderas l’utilisation du proc du navigateur quand tu utilises ces applis…).

je parle au niveau architecture.
Plus que de faire des pcs indépendant on en revient a un serveur et des clients légers.

Bussiere

Je suis tout pile un mois plus jeune que le premier PC IBM.

Pourtant j’ai eu une souris dans les mains très jeune et surtout surtout, le 1er engin que mon pôpô nous a ramené à la maison était un ordi Apple qui avait cramé son alim et qu’il avait bidouillé au lieu de le laisser partir à la casse à son taf. Un peu plus tard j’ai eu mon 1er mulot et entre temps récupéré un SX81 de je ne sais plus où. Ont suivi des paquets de PCs au gré des innovations rapides et déjà très tôt un “portable” (un 386 SX25 que je branchais à mon vieille écran et qui servait d’unité centrale). Un âge d’or pour sûr !

Le PC a été une invention hallucinante, je crois qu’on est tous heureux ici (en tout cas ceux qui l’ont vécu) d’avoir vécu la naissance de ce monde là. Aujourd’hui nos sociétés occidentales sont très dépendantes des innovations qui ont découlé du 1er PC IBM, des géants industriels sont nés, ont prospéré, la révolution du net a suivi. Bref, on est loin du jour où les 1ers jeux étaient programmés dans des garages, où il fallait bidouiller sa maigre RAM pour pouvoir lancer ces derniers (mémoire EMS et XMS : j’ai passé des semaines à comprendre comment ça marchait pour lancer kyrandia 2. Pendant ce temps je me suis usé les yeux sur les graphismes hallucinants de la boite du jeu, une fois le secret de la mémoire percé j’ai trouvé le jeu encore plus beau ! ). Et encore je ne parle pas de l’évolution des OS…

Maintenant l’informatique est entrées dans les moeurs pour beaucoup de gens et nous sommes sortis de la période où ce monde n’appartenait qu’à certaines personnes “éduquées” à ses codes, son vocabulaire.

Alors bon anniversaire au PC (désolé je suis un tout petit peu en retard). Peut être que d’ici quelques années on étudiera la révolution informatique comme on a étudié les révolutions industrielles.

Avis perso à moi que j’ai : dans le monde de l’âge d’or de la micro, je ne suis pas sûr que ça soit les innovations d’IBM qui ont été fracassantes, mais plutôt des petits constructeurs (Acorn, Dragon 32, C64, et j’en passe), IBM a surtout contribué à faire entrer en masse les ordis dans les boîtes, puis plus tard dans les foyers (enfin doit y avoir eu moins de “IBM” dans les foyers que des clones).

Ca a bien marché, je pense, car “tiens je vais acheter ça car on a ça au bureau, donc je pourrais bosser à la maison”.

[quote=“Moloch, post:11, topic: 30344”][*]Et oui à l’époque Steve Jobs avait déjà une mauvaise foi à toute épreuve. N’empêche qu’il a du mettre son slip brun quand il a vu qu’IBM débarquait sur le marché des ordinateurs personnels.
[/list][/quote]

+1. Et il était déjà insupportablement prétentieux et spécialiste du coup de pub bidon et légendes urbaines en tout genre (mais lui c’est pas grave : c’est le gentil). B)