Un Notch peut en cacher un autre


#1

Article publié sur : https://www.geekzone.fr/2018/08/07/un-notch-peut-en-cacher-un-autre/
Nous avons déjà parlé Demoscene sur Geekzone, et nous allons profiter de notre mollesse estivale pour continuer. Mais pas juste pour offrir à nos rétines et nos cages à miel une excellente production au design soigné. Car la démo gagnante de l’Assembly Summer 2018 met en lumière un petit problème d’éthique qui touche insidieusement un petit monde très fier de…


#2

Certaines teams avaient développé des outils de conception pour créer leurs demos. Je fais impasse des outils musicaux historiques.
Farbrausch a mis en libre accès leur outils depuis plusieurs années. Mais ce ne sont pas les seuls.

Bon, par contre c’était pour partager avec la scène et aussi pour participer à certaines catégorie de demo party.

http://www.pouet.net/prodlist.php?type[]=demotool

La, je ne sais pas quoi penser :thinking:.


#3

Yep, c’est quand même bien différent là, mais bon, après la démo en position 3 est faites avec UE et les mecs avaient “oublié” de le dire au départ… Bref. Pour regarder des démos “roots” certifiées bio, faut dépoussiérer les C64 et les Amiga (ou regarder des 4Ko) :stuck_out_tongue:


#4

En 4 ou 8 k, c’est devenu allucinant. J’ai abandonné les 64k, car plus trop de prod ou tu te dis : mais comment ils ont fait pour en mettre autant dans si peu ?

Sur cpc, tu as des trucs pas mal.
Amiga ou Atari, faut que ça reste sur les versions non modifiées du hardware.

Sinon @Titan, il fait bien des demos Amiga ?
http://www.pouet.net/user.php?who=56195

Édit :
Je viens de voir que Andromeda Software Développent a finit second. J’adore les pros de cette team. Toujours une certaines poésie.
Et pour la demo numéro 1, bof bof. Je n’aime pas.


#5

J’y connais queud à la demo scene, de son fonctionnement et de ses règles/codes. Mais le type dans le thread twitter fait preuve d’un cynisme parfaitement “commercial”.


#6

ping @josy @rez @Titan

j’ai vu que c’était un peu le drama en tout cas… ya un thread FB de m4de ou ca débat… mais ca reste cordial c’est agréable. En tout cas on voit bien que ya un truc qui gène.

j’ai bien aimé ce commentaire :

“If he likes doing techno videos, he should stop using amiga and start using video.” … “If this is state of the art, I should start looking for another scene.” -Chaos/Sanity

“Is this a demo? […] We’re not sure. […] We don’t like it as a demo.” -Dr Jekyll/Andromeda

=> un débat qui me rappelle des trucs

ce sont des démos de l’époque de l’amiga :slight_smile:

et si je me souviens bien ca avait un peu été le drama aussi quand ya eu un usage de tracks qui avaient pas été composées par un scener.

Je suis pas un expert de la demoscene, mais c’était pas State of Mind qui était la première a voir fait ca ?

http://www.pouet.net/prod.php?which=26

En tout cas sur Number one / Another one la track défonce…


#7

Je vois pas trop la polémique. Surtout si les mecs qui font le tools sont ceux qui ont fait la demo. Depuis la nuit des temps personne se pointe a des concours de demos avec sa bite et son couteau. Tout le monde arrive avec ses outils fait aux petits oignons et peaufinés pour pouvoir produire un truc rapidement au bon moment, le fait que DemolitionFX soit devenu un produit commercial parce qu’ils avaient fait un truc au final qu’est une tuerie re-utilisable pour des projets commerciaux, qu’est ce qu’on en a a battre… Ils démarrent jamais de zero avec VI et gcc les mecs, faut arrêter. Alors du moment que c’est un truc prive c’est ok, mais si les devs ont la mauvaise idée d’utiliser leur talents pour faire une thune entre deux demo party c’est le mal? Bitch please…


#8

C’est pas aussi simple a priori vu les usages et l’historique du produit mais j’ai déjà expliqué le truc. Again, si Epic se pointe avec une démo UE, ça le fait moyen. C’est pas l’E3, je peux piger les mecs que ça froisse. Après on est en 2018 et on s’est bien fait enfiler notre rêve numérique dans l’urètre, plus rien ne choque, soooo…

Un peu de lecture de la déprime :

Ouais je suis parti loiiiiiinnnn, mais c’est pour mettre en perspective le truc et comprendre les 2 camps. Et quand Glop dit “y’a toujours eux des tools”, y’a une diff entre venir avec ses libs pour lire des musiques et un Deluxe Paint / Photoshop de la démo.

Du coup effectivement, à terme je pense qu’ils seront obligés de faire des sous-catégories de démos mais le risque de nos jours, c’est de ne plus voir grand monde dans la catégorie “bite et couteau”. Parce que pour gueuler y’a du monde, mais pour coder…


#9

C’est les meme mecs qu’on codé le tool hein… ils se sont pas pointes la bouche en coeur sans rien piger a la demo scene, ont ouvert photoshop ,cliques trois trucs et basta.

Au final ils ont tout fait, le code et les tools. Meme les mecs qui font des 4 ou 8k se pointent avec largement plus que des libs pour lire les musiques. Ils ont des éditeurs somme toutes assez complet et complexe. C’est pas des produits commerciaux et ils sont pas fini pareil, mais niveau fonctionalites ils couvrent une large palette. Ils ont prévu exactement ce qu’ils vont faire etc. Le mythe des mecs qui se pointent la bouche en coeur et qui pondent un truc de zero meme a la bonne époque de la demoscene sur amiga c’était pas ca. Les tools sont devenus plus complexes et plus riches, jusqu’au point ou maintenant ils peuvent meme être des produits commerciaux. Ok. Pourquoi pas.

Apres si on veut des categories qui jugent sur la valeur artistique de la sortie meme si c’est fait avec Unreal Engine par un mec qui bosse pas chez Epic, pourquoi pas… on est pas non plus oblige de mettre tout dans la meme categories et de tout juger a la meme enseigne. La richesse de la scene se sert plus d’une extension de ce qu’on peut faire et de rajouter des categories que d’essayer de faire des gueguerre intestinnes sur ce qui est “les vrais” et “les faux”. On aurait du mal a argumenter que les mecs en questions sont pas “des vrais” vu le CV…


#10

A l’époque quand j’ai commencé à coder en assembleur Z80 sur Amstrad CPC, je n’avais pas d’assembleur, j’écrivais les mnémoniques sur papier puis je les traduisais en hexa à la main avec les bons délires sur les calculs des sauts relatifs. Puis un jour j’ai choppé un assembleur et c’était noel alors que bon si vous aviez vu la tronche de l’éditeur de ce truc, notepad à côté c’est un luxe incroyable. Et ce qui est valable pour le code l’est aussi pour les graphismes et la musique. Les premiers musiciens étaient d’ailleurs plus des programmeurs qu’autre chose, avant qu’on commence à avoir les premiers trackers pour faire de la musique sans claquer de l’assembleur au passage.

Pourquoi je dis ça ? Parce qu’effectivement à la base les démos sont nés de la complexité des machines sur lesquelles on opérait et du fait qu’en allant maitriser les arcanes de certains composant on arrivait à en extraire des trucs de dingue qui étaient plus impressionnant que ce qu’on voyait dans les jeux par exemple. Mais cela avait vraiment un prix, quand on voit par exemple la gestion de la rupture sur Amstrad qui permettait de faire des scrollings hyperfluide juste en manipulant le CRT sans bouffer des cycles au Z80 asthmatique qui animait la machine. De même quand on voyait ce qu’arrivait à faire cracher à l’Amiga une “Complex - Taipan Vector Preview” où le mec générait une copperlist pour exploiter au plus près la puissance du blitter de la machine pour afficher des formes en 3D. On passait notre temps à essayer de comprendre les effets des autres, dans un monde où l’information circulait mal et où il y avait un gros avantage à être dans un noeud avec une forte concentration de gens ayant les mêmes intérêts.

Avec le temps est arrivé la puissance et la démocratisation des outils de fabrication. Les contraintes sont tombés sur nos machines modernes où on a de la puissance et où tout est documenté, standardisé, expliqué sur internet. C’est ainsi qu’un outil comme Unity a permis de démocratiser la création de jeu, et donc à des gens d’exprimer leur créativité sans être limité par la technique. C’est d’ailleurs toujours le même cycle où au bout d’un moment les techniciens laissent la place aux créateurs.

D’ailleurs sur Amiga, regardez les premières démos, celles où on avait pas de graphistes, où tout le monde repompait la fonte Knight Hawk du voisin pour avoir des pixels politiquement correct à l’écran. Beaucoup de ces vieilles démos font un peu l’étalage d’un mauvais goût assez récurrent. Puis sont arrivés les graphistes puis une autre révolution : le design. On est ainsi passé d’un enchainement d’écrans où chacun codait dans son coin et ou on rassemblait le tout dans une unité esthétique douteuse à des trucs aux petits oignons.

Alors je pense que ce débat persistera toujours, mais au final il est déjà résolu. La scène démo se concentre toujours dans les endroits où existent des contraintes fortes (matos de merde, taille restreinte du bazar), mais avec le temps elle s’est aussi ouverte à d’autres profils et je dirai que c’est tant mieux.

Au final on juge le produit qui en sort, la façon dont il est produit importe au final assez peu et même si la polémique sera toujours déclenché par les perdants de la démocratisation basant leur argumentaire sur l’esprit de la démoscene (faut en chier, bobby !). Les gens eux se contenteront de juger le résultat final.

Parce que la vraie polémique restera toujours pourquoi Hardwired n’a pas gagné The Party en 1991 ?


#11

Tout est dit. (et merci pour cet excellent post. :+1: ) (ouais j’ai corrigé une faute dans la citation :stuck_out_tongue: )


#12

“Il n’y a jamais eu de fautes dans la citation originale”, Winston Smith.