On est lundi et je me poste beaucoup de questions. Je me suis toujours demandé pourquoi dans la presse généraliste, une moto de cross devient systématiquement une motocross (la discipline).
Pourtant Wikipédia nous indique bien que le motocross est un sport mécanique touchant le monde du deux roues motorisé. Ce sport se pratique sur une moto de cross.
C’est un peu comme s’ils disaient un individu sur son MotoGP, quelqu’un sur son road trip en Harley, une cavalière sur son équitation, etc. On a même droit à un magnifique « au volant sa motocross » :
Le double-sens du mot « motocross » (discipline et objet) me parait largement accepté, y compris par les spécialistes, et pas seulement par les généralistes comme tu l’affirmes.
Il me semble qu’on retrouve la même logique pour de nombreuses discipline comme la formule 1 (et toutes les autres catégorie) le ski (et autres discipline de sport d’hiver), les sports nautiques (catamaran, kayak, etc…
Peut-être peut-on généraliser à de nombreux sports de véhicule ?
Et si on veut être pointilleux: l’expression « moto de cross » n’est pas correcte non plus puisque le terme « cross » n’est pas défini comme l’activité dont il est question ici, mais comme une « pratique de course à pied en terrain varié » (originaire de l’anglais « cross-country »). Si on voulait être exact, il faudrait donc désigner l’objet par « moto de motocross » (i.e: moto destinée à la pratique du motocross)
On en a déjà parlé plus haut: dans une langue vivante, ce qui fait qu’un mot est associé à un sens, ce n’est pas la définition du dico (et encore moins de wikipedia) ni une décision de l’académie française, mais simplement la faculté des locuteurs à se comprendre lorsqu’ils l’utilisent.
Si une grande partie des francophones sont capables de comprendre de quoi on parle quand on dit « je vais m’acheter une motocross » alors on peut admettre que le terme « motocross » admet le sens de « motocyclette destinée à la pratique du motocross ».
Je ne crois pas que l’opinion des aficionados de la discipline entre en compte dans ces considérations linguistiques (à moins qu’ils ne soient par ailleurs agrégé de lettres…)
De plus en plus de raccourcis type SMS commencent à être compris par une grande partie des francophones, je m’inquiètes alors du futur de notre langue.
Rhaaa, ça y est, je suis devenu un vieux con
Je ne fais que paraphraser des propos entendus sur la chaîne de Linguisticae , mais je ne crois pas qu’il y ait matière à s’inquiéter : une langue qui évolue, c’est une langue qui est pratiquée.
Le pire à craindre serait plutôt une langue figée puisque c’est synonyme d’une langue qui n’est plus employée et qu’on appelle une langue morte.
(et les dictionnaires, de l’aveu de leur rédacteur, ne dictent pas l’emploi des mots, mais à l’inverse se chargent de suivre les tendances et refléter les usages)
À la base le terme provient de l’équitation : L'histoire du cross-country | France Inter
On ne précise pas le caractère équestre dans le nom. Le cross, le cross country, c’est toute activité de course qui se déroule avec des obstacles naturels. Il y a du cross country en VTT aussi, en ski, en snowboard… Sans doute d’autres que je ne connais pas. Dans aucun des cas la monture ne porte le nom de la discipline.
La moto n’est pas mon domaine, mais iI me semblait aussi que la moto cross était utilisée pour pratiquer le motocross. Alors je veux bien que l’usage fasse le sens, mais on peut aussi comprendre que les personnes concernées au premier chef, les pratiquants et amateurs de la discipline, si elles observent que les termes sont mal utilisés, soient assez peu favorables à ce que d’autres leur imposent leur vocabulaire ! C’est certainement conservateur, mais imagine ce qu’on dirait si demain les GeForce étaient qualifiées de CPU.
C’est ok de dire « moto » à la place de « motocyclette », « cross » à la place de « cross-country ». Mais par contre, omettre le « de » pour faire de « cross » un adjectif qualificatif de la moto, c’est franchir une ligne rouge oO
Ça me choque systématiquement mais j’ai arrêté de me battre. Un peu comme à l’école ou la confusion poésie/poème est quasiment systématique chez mes collègues. Je vois bien comment ces combats peuvent sembler être des trucs d’arrière-garde et un peu réac, mais si dans mon métier, je ne défends pas un peu la langue, pas dans sa version figée et mourante, mais simplement un rappel de l’étymologie, je peux remballer les gaules et me mettre en arrêt maladie (on est bon qu’à ça d’après un récent ministre sortant).
Autant je suis d’accord que parler de « plan social » pour désigner un licenciement massif, c’est effectivement mal nommer la chose et ainsi ajouter au malheur du monde.
Autant, nommer « moto-cross » une moto de cross, me paraît pour le moins anecdotique et ne me semble pas avoir d’impact négatif, même pour les amateurs de la pratique (encore une fois, on parle de « formule 1 » pour désigner la discipline et le véhicule indifféremment).
PS: et @Ghadzoeux je comprends et soutiens ta position de « gardien du temple », à plus fortes raisons dans le contexte actuel: vous faites un travail afmirable
J’en profite pour ajouter qu’on parle de « tennis » ou de « basket » aussi bien pour désigner le sport que la paire de chaussures qui sert à pratiquer ce sport (en France en tout cas).
Aux us, j’entends plus personne parler de basketball ou de basket, c’est de la nba. Ça me choque pas après avoir vu les jo, je remarque bien que l’un est un sport compétitif et l’autre est un business qui te montre autant de pub que possible sur le plus de surfaces possible, même pendant les lancers francs (j’exagère car la nba est ultra compétitive, je dis ça en adorant regarder 90% des matchs des warriors en live même s’ils sont plus très bons)
Je continue le combat au boulot. Et je reprend souvent du monde sur ce mauvais emploi.
Idem pour “c’est le bidule à machin” dont le sud me semble bien friand.
Et ça fait souffler mes collègue mais hey, quite a parler, autant le correctement.