"Car le mot, qu'on le sache, est un être vivant"

MISES À JOUR : elles sont signalées par dates ici, et seulement lors des MAJ majeures (au moins cinq nouvelles entrées). Je salue tous ceux qui me permettent d’enrichir le sujet et que je ne cite pas forcément pour rendre l’ensemble le plus lisible possible (et éviter les bourdes en oubliant quelqu’un), ainsi que les sites dont je m’inspire (voir liens). Merci.

MAJ 1 (06/01/2007) : Ajout de la section « Verbes peu connus/peu usités ou inusités » : Choir, Gésir, Chaloir, Férir / Bâbord ou tribord ? / Peu ou prou / Gent et gente / Quand et quant à / Censé ou sensé ?

MAJ 2 (10/01/2007) : À l’intention de ou à l’attention de ? / Tout étonnée mais toute surprise / Décennie et décade / Décimer / De toute(s) façon(s) / Fainéant, feignant ou faignant ? / Les capitales accentuées / &, @ et ~ : qu’est-ce que c’est ? / Au jour d’aujourd’hui / Ognon ou oignon ? / Quand même, c’est pas compliqué ! / Moult et oust(e) / C’est ou ce sont ? / Mon grand dam ? / Accroire, Tancer / Ajout de la section liens

MAJ 3 (29/01/2007) : Faire fi de / Ah, l’envie… / Un vrai cauchemar (sans d !) / A priori : avec ou sans accent ? / Prémices et prémisse(s) / « Bien mal acquis » mais « par acquit de conscience » / Appas et appâts / Une gag(e)ure / Nénuphar ou nénufar ? / Ouï-dire / Supporter et soutenir / Le pluriel des nombres

MAJ 4 (20/12/2010) : Tort et tord / Quoi qu’il en soit ou quoiqu’il en soit / Quel que soit ou quelque soit / Quoi que ou quoique… / Qu’il voit ou qu’il voie ? (utilisation du subjonctif) / Différent et différend / À cor et à cri / Une question en suspend ou en suspens ? / Et bien et eh bien

Parce que « les mots sont les passants mystérieux de l’âme », je vous soumets ces quelques précisions concernant certaines des spécificités de la langue française, étant entendu que ce forum voit réunis sous sa bannière une majorité de personnes respectueuses de ce joli mode de communication qu’est le langage.

Tout ce qui est écrit ici ne sert qu’à éclairer les esprits curieux. Je ne veux pas transformer ce petit bout de verdure linguistique en temple de l’orthographe. J’espère simplement que la plupart d’entre vous apprendront une ou deux choses (et pour ceux qui n’apprendront rien, sachez que j’envie votre costume vert, votre épée et votre bicorne). Je suis assez modeste pour savoir que je ne suis pas moi-même à l’abri de faire certaines erreurs.

Bien sûr, toute intervention visant à enrichir le « débat » est bienvenue.

Sur ce, et dans un ordre régi par une inspiration primesautière, allons-y :

Un ou une espèce ?
Dire « un espèce de » est une faute. En effet, espèce doit être considéré comme féminin et invariable (il ne viendrait à l’esprit de personne de dire « un sorte de »). Malheureusement, surtout dans la langue parlée, espèce s’accorde souvent dans la bouche de plus grand nombre avec son complément. Il faut dire que certains grands auteurs se sont laissés aller à l’écrire eux-mêmes de cette façon (Un espèce de tuberculeux (Céline, Voyage au bout de la nuit). Cet espèce de beau garçon (Aragon, Le roman inachevé)). Ces quelques exceptions - dictées le plus souvent par le désir de retranscrire par écrit un langage familier - ne doivent cependant pas faire oublier la règle.

Un ou une tentacule ?
Un tentacule, bien sûr. Une faute courante parce que tentacule a toute les apparences d’un mot féminin, et qu’il est, de surcroît, peu usité.

Dans le même genre, sachez que l’on dit également :

  • Un orbe
  • Un obélisque
  • Un astérisque (pour s’en souvenir : Astérix et Obélix sont des hommes, donc masculin…).
  • Un aparté (que l’on utilise surtout lorsque l’on dit “en aparté”)
  • Un effluve
  • Un arcane (même si on l’utilise surtout au pluriel)
  • Un augure (“de mauvais augure”)
  • un abysse
  • Un ou une enzyme (les deux sont acceptés)
  • Un ou une après-midi
  • un alvéole (considéré féminin longtemps). Alvéole a été utilisé au masculin jusqu’en 1960 dans le Grand Larousse, mais se trouve depuis 1979 au féminin dans le Grand Larousse et le Robert.
  • Un antre
  • Un apogée
  • Un armistice
  • Un ou une clope
  • Un délice (délices au pluriel masculin ou féminin)
  • Un amour, des amours (féminin au pluriel)
  • Un orgue, des orgues (des grandes orgues)
  • Un hémisphère
  • Un planisphère
  • Un opprobre
  • Un testicule

Et :

  • Une icône (que l’on peut écrire toujours au féminin et avec l’accent circonflexe, ce quel que soit le sens que l’on accorde à ce mot (image religieuse, vedette, icône sur un ordinateur etc.))
  • Une apostrophe
  • Une stalactite (ou stalagmite)
  • Une alcôve.
  • Une anagramme
  • Une apocalypse
  • Une drachme
  • Une écritoire
  • Une épigramme
  • Une épître
  • Une équivoque
  • Une oasis (pour s’en souvenir : “une oasis de verdure” ; verdure est féminin, oasis aussi)
  • Une argutie
  • Une hydre
  • Une thermos (marque déposée ; parce qu’on dit “une bouteille Thermos”)
  • Une échappatoire
  • Une enclave
  • Une octave

Forums ou fora ?
On entend parfois certains puristes déclarer que le pluriel de forum est fora (normal : on le trouve ainsi même dans le Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, ou en tout cas dans une de ses éditions). C’est en réalité une faute, même si on peut débattre du sujet. Le “Grevisse” estime en effet qu’une fois assimilé par la langue française un mot doit se plier à ses règles élémentaires. En l’occurrence la plupart forment leur pluriel avec un S non prononcé. Et forum n’a pas à faire exception, son pluriel fora devant être considéré comme un pluriel exotique pour que la description du mot soit complète.

Scénarios ou scénarii ?
Même logique que pour forums. La langue évolue et se modernise. Elle se simplifie également (enfin parfois). Si on écrivait il y a peu de temps encore scénario au pluriel scénarii (pour rester fidèle à l’origine italienne du mot (en plus c’est une faute ; en italien cela s’écrit avec un seul i), et peut-être aussi par pédanterie) ce n’est plus le cas officiellement aujourd’hui. Personnellement, je trouve que « scénarii » ne s’exprime de toute façon pas vraiment bien en bouche, et lui préfère un « scénarios » plus classique.

Clé ou clef ?
Voilà qui reste un grand mystère… Les deux sont acceptées depuis longtemps - Littré lui-même n’a pu se décider pour une des deux orthographes - même si clé est désormais largement plus répandu, à l’écrit.

De plain-pied
Faute courante, plain-pied (qui signifie au même niveau, ou au même étage) est souvent écrit plein pied (avec ou sans tiret). Or on n’évoque pas ici la possibilité qu’un pied soit plein (on l’espère pour son propriétaire), mais bien le fait que l’on découvre quelque chose « qui reste au niveau de la plaine » (un moyen mnémotechnique assez libre que j’utilise personnellement pour me souvenir de la bonne orthographe de cette locution adverbiale).

Critiquer
Souvent associée à une idée forcément péjorative, la critique peut au contraire être positive. Son emploi dans la langue courante en tant que synonyme de blâmer condamne toutefois la critique à être perçue de prime abord comme forcément négative.

Un ou une après-midi ?
Bien que l’on dise plus souvent un après-midi (par association avec midi, nom masculin), c’est en fait un nom commun invariable de genre masculin ou féminin. Les deux sont acceptées et acceptables… en attendant qu’une règle soit réellement fixée.

Le bât blesse
Expression pas franchement répandue, mais tout de même assez usitée. Le bât, qui est une selle que l’on met sur les bêtes de somme, ne s’écrit pas « bas », comme on le voit souvent. Le bas blesse ne veut, quand on y pense, rien dire (et le haut, il soigne ?). Le bât qui blesse, c’est la selle qui pouvait être mal mise sur le dos des mulets et qui, sous la charge portée (la somme), se blessaient. Par extension, on utilise cette expression pour signaler un problème, une peine, une souffrance…

Dilemme ou dilemne ?
Ah, quel dilemme… ou quel dilemne ? Sous Word, le correcteur orthographique modifie automatiquement « dilemne » et écrit « dilemme ». On peut donc considérer que c’est la bonne orthographe. Le Littré l’écrit également de cette façon, et signale que phonétiquement la prononciation est di-lè-m’. Le fait que le n soit désormais prononcé en fin de phrase dans le langage parlé - pour quelle raison ? - est bien entendu à la base de cette faute fréquente.

Complément : attention, en revanche, de bien écrire indemne !

Par contre ou en revanche ?
Selon Voltaire repris par Emile Littré dans son fameux dictionnaire, l’emploi de « par contre » serait impropre. Une sombre histoire d’expression empruntée au langage commercial, et utilisée pour dire « en compensation de » plutôt que « au contraire ». On a donc longtemps préféré utiliser « en revanche » que « par contre » dans certaines sphères… Le débat n’a plus vraiment lieu d’être puisque l’Académie française elle-même admet désormais l’usage de cette locution adverbiale. Le sujet est toutefois sensible car certains grammairiens et lexicologues aiment à séparer les deux expressions en arguant que par contre doit être utilisé quand il y a opposition entre deux idées, et en revanche lorsqu’il n’y en a pas. Des complications hors de portée du commun des mortels, et auxquelles il convient de ne pas accorder plus d’importance qu’elles n’en méritent… Personnellement j’ai pris l’habitude de dire et écrire en revanche, mais par contre ne peut pas être considéré comme étant une “vraie” faute.

Savoir gré
Si on peut être reconnaissant de quelque chose, on ne peut en tout cas en être gré. En revanche, je vous sais gré de bien avoir voulu me lire jusque là…

Deuxième et second
Après second, on peut dire troisième… Ne croyez plus ceux qui affirment le contraire, et disent qu’utiliser le mot second implique que l’énumération se termine. Une « simplification » encore une fois de la langue. On trouve plusieurs exemple qui donnent raison à ce point de vue : on dit la Seconde guerre mondiale (il fallait être optimiste auparavant pour penser qu’il n’y en aurait jamais une troisième), on passe de troisième en seconde etc.

Abréviation : M. ou Mr. ?
M. est l’abréviation de Monsieur. Mr. celle de Mister, en anglais. En tout cas c’est ce qui est communément admis car, comme souvent lorsqu’il est question de langue vivante, les discussions à ce sujet entre spécialistes sont vivaces : on pourrait utiliser Mr avec le r en exposant (ce qui ferait la différence avec l’anglais), mettre Mr sans point etc. Au final, on aurait envie de dire que chacun fasse comme bon lui semble, et les M et les R seront bien gardés…

Voir et voire
Ah, le fameux verbe et son homonyme qui distrait tant de plumes… Voir utilisé en tant que verbe ne pose pas de problème : je vois le petit oiseau, nous voyons la vie en rose… Parfait. Lorsque le mot « voire » sert à renforcer une assertion, à enchérir, en revanche (ex : il est difficile, voire impossible de lire cette lettre), il devient adverbe et n’a plus rien à voir, justement. Ce petit e en plus fait toute la différence. Pour ceux qui ont du mal, essayez de remplacer « voire » par « et même » dans votre phrase. Si ça marche, c’est qu’a priori voire doit prendre un e.

Je suis allé ou j’ai été ?
Dire « être allé » (quelque part) est plus soutenu que de dire « avoir été », d’un usage plus familier. Mais les deux sont acceptés, certainement parce que le langage courant a assimilé cet « abus » de langage jusqu’à l’extirper de sa condition de « faute ».

Au temps pour moi
Voilà un petit nouveau, qui fait surtout parler de lui depuis quelques années… Au temps pour moi - écrit souvent autant pour moi - fait selon toute vraisemblance référence à l’univers militaire (les « temps » correspondant aux différents moments où une arme était manipulée pour effectuer une action précise). Je m’appuie sur langue-fr.net ici, pour préciser que « l’expression est utilisée par celui qui, investi de l’autorité (quelle qu’en soit la nature), vient de faire commettre une fausse manoeuvre collective et, par extension, par celui qui s’est trompé et s’en rend compte avant les autres ». Reste que la graphie « autant pour moi » n’est pas forcément fausse, mais qu’elle est liée à une quantité ou à une chose, et ne doit pas exprimer une erreur. Un sujet parfois âprement discuté qui étonne : ce débat n’a dans le fond aucune importance ! C’est certainement ce qui fait son charme…

Complément : le message de Garuffo en page 2 tend à prouver que la question sur la graphie de « autant/au temps pour moi » n’est pas réglée, ce quel que soit le sens qu’on lui attribue. C’est ce qui fait toute la subtilité de notre langue : deux camps, avec chacun d’excellents arguments, se déchirent pour déterrer LA vérité. On peut estimer qu’au temps pour moi, validé par l’Académie (et c’est la référence ; il en faut bien une), sera jugé correct pendant encore longtemps, et associé au langage soutenu, et qu’autant pour moi, bataillant pour s’imposer et ayant la logique pour lui, finira par l’emporter sur le long terme (je préfère également cette dernière tournure). En attendant, les deux expressions sont correctes selon le point de vue que l’on a, donc que tout le monde soit rassuré. C’est le débat en lui-même, finalement, qui est intéressant, l’expression étant en elle-même franchement anodine. Heureusement, à l’oral, tous ces problèmes ne se posent pas…

Verbes peu connus/peu usités ou inusités (à compléter) :

Seoir : signifie qui convient, qui va bien. Verbe impersonnel qui s’utilise presque exclusivement à la troisième personne du singulier (et plus rarement du pluriel). Expressions usuelles : il sied qu’une belle dame sache se faire attendre et désirer ; ce chapeau vous sied à merveille ; il me siérait que vous sachiez tenir votre langue

Gésir : verbe intransitif qui ne se conjugue qu’au présent et à l’imparfait. Participe présent : gisant. Signifie être étendu immobile, être enterré ou se trouver (quelque part ou dans un certain état). Expression usuelles : ci-gît notre grand-père, paix à son âme ; des carcasses de métal gisaient, éventrées ; au fond de mon âme gisent des sentiments refoulés

Chaloir : terme archaïque désormais inusité - mais qui a son charme - et que l’on retrouve désormais presque exclusivement dans l’expression peu m’en chaut. Signifie peu m’importe, je ne m’en soucie guère.

Férir : verbe transitif ancien qui signifie frapper. S’emploie exclusivement dans l’expression sans coup férir, qui signifie sans avoir à combattre, sans difficulté. Expressions usuelles : il a progressé sans coup férir ; il fait mouche à chaque fois, sans coup férir
Note : le participe passé de férir - seul autre temps valide avec l’infinitif - est féru (inusité). Par extension, le sens original de féru - être frappé - est devenu être touché émotionnellement par quelque chose. On l’utilise en tant qu’adjectif pour dire je suis féru de voitures, de littérature etc.

Accroire (s’utilise seulement à l’infinitif avec le verbe faire) : faire accroire, c’est faire croire à quelqu’un quelque chose que l’on sait faux, le tromper sciemment (ex : on me ferait accroire que le passage à Windows Vista rendra ma vie plus belle ?). Un verbe qui ne se conjugue à aucun temps !

Tancer : un synonyme d’admonester, fustiger, houspiller, sermonner… Une façon littéraire de dire engueuler, pour faire simple.

Bâbord ou tribord ?
Qui n’a pas pesté contre cette satanée manie qu’ont les marins de ne pas dire droite ou gauche, mais bâbord ou tribord ? Petit truc pour s’en rappeler : garder le mot batterie à l’esprit. On a le mot « devant soi », on le regarde… À gauche « Ba »(bord), à droite « Tterie »(bord). Bâbord c’est à gauche, et tribord à droite. CQFD.

Peu ou prou ?
Les deux mon capitaine. L’adverbe prou, qui ne date pas d’hier, signifie beaucoup. L’expression peu ou prou veut donc littéralement dire « peu ou beaucoup » et, plus justement, plus ou moins. Attention de ne pas confondre prou (beaucoup) et proue (l’avant d’un bateau).

Gent (nom) et gente (adjectif)
Substantif féminin singulier, gent désigne une nation, un peuple, un ensemble d’individus possédant des caractéristiques communes. On l’utilise fréquemment dans l’expression la gent féminine, mais on pourrait tout aussi bien dire la gent masculine. Le mot est invariable. L’adjectif gent, gente, en revanche, qui signifie plaisant, gracieux, délicat, peut s’écrire avec un e (une gente dame).

Quand et quant à
La conjonction quand et la locution prépositive quant se ressemblent beaucoup. D’où la difficulté pour certains de savoir quand utiliser la seconde. Dans ce dernier cas, il faudra alors réfléchir au sens du mot, et se souvenir que l’idée de temporalité n’est associée qu’à quand, et jamais à son homophone. En gros, quand = « lorsque, à quel moment » et quant = « mais, en ce qui concerne »… On peut aussi retenir que quant précède toujours à (ex : quant à son ami, il est venu les mains vides). De plus, la liaison avec le t est sonore (quan-ta), ce qui est plus rare avec quand (mais possible, le d étant muet. Ex : quand t’amuseras-tu enfin ?).

Censé ou sensé ?
Ces deux adjectifs se ressemblent et peuvent décontenancer certaines orthographes peu sensées… Pour savoir quel mot utiliser à quelle occasion, il faut connaître leur signification à chacun. Sensé est associé au sens, à la réflexion, bref, au bon sens. Ce qui tombe bien : sens et sensé commencent par la même lettre : s. Censé, lui, ne tombe pas sous le sens, et signifie présumé, ou supposé. Vous êtes censé faire quelque chose (on suppose que vous allez le faire), et, si vous êtes sensé et si c’est dans votre intérêt, vous le ferez.

À l’intention de ou à l’attention de ?
À l’attention de fait partie du langage administratif. On l’utilise notamment pour indiquer le destinataire d’une lettre (dont on veut attirer l’attention). À l’intention de, en revanche, marque le don, le cadeau. On achète un livre à l’intention de quelqu’un, pour le lui offrir, on compose un poème à l’intention d’un être aimé etc.

Tout étonnée mais toute surprise
La règle de l’Académie française concernant l’usage de tout, adverbe, devant un mot féminin est la suivante : « Il faut dire et écrire elles furent tout étonnées […] quoiqu’on demeure d’accord qu’il faut mettre toute et toutes devant les adjectifs qui commencent par une consonne : « Cette femme est toute belle, ces étoffes sont toutes sales ».
La difficulté vient ici de la prononciation de tout devant étonnées, avec son t sonore. On estime que tout devant une voyelle est invariable car la prononciation accentuée va de soi (pas besoin de l’indique par -e). En revanche, devant une consonne, il convient de rajouter le dit e, et de l’accorder si besoin au pluriel.

Complément : faute courante, notez que l’on écrit bien “L’humanité tout entière” !

Décennie et décade
Une décennie, c’est dix ans. Une décade, dix jours. Certains se trompent à cause de l’anglais a decade, qui indique effectivement un laps de temps de 10 ans.

Décimer
Restons dans l’idée des dizaines avec le verbe décimer… Car décimer, à l’origine, ne signifie pas massacrer au hasard, mais bien tuer une personne sur dix, tirée au sort. Une habitude qu’avaient les romains pour discipliner leurs troupes. Par extension, le sens originel du mot s’est dilué, et décimer est devenu synonyme d’exterminer ou d’anéantir, verbes qui eux ne s’embarrassent pas de pourcentage.

De toute(s) façon(s)
J’ai eu beau chercher, impossible de trouver une règle précise concernant l’utilisation de « de toute façon ». Logiquement, on pourrait penser que de toute façon est la contraction de « et de toutes les façons possibles », et privilégier la forme plurielle. Mais dans l’usage écrit, c’est plutôt le singulier qui l’emporte. Reste le sens que l’on peut associer à de toute façon au singulier (= quoi qu’il en soit) et de toutes façons au pluriel (= par tous les moyens possibles). Le deuxième emploi est beaucoup moins fréquent, ce qui permet de mieux comprendre la prédominance du singulier.

Complément : dans son ouvrage “Difficultés du français”, Jean-Pierre Colignon précise que l’expression “de toute façon” s’écrit toujours au singulier, et qu’au pluriel, on écrit “de toutes les façons”.

Fainéant, feignant ou faignant ?
Les trois sont acceptés. Il est intéressant de savoir qu’à l’origine la graphie originale était celle de feignant (ou faignant), assimilé au participe passé du verbe feindre (dans le sens de feinte pour échapper au travail). On a ensuite voulu expliciter le nom différemment en associant faire et néant (fainéant).

Malgré que : une faute ?
Oui, c’est une faute, ou en tout cas une lourdeur, même si certains écrivains la commettent. Malgré que utilisé dans le sens de bien que, quoique, est impropre, et déconseillé. Il n’y a que dans la forme littéraire, où malgré que peut s’employer avec le verbe avoir conjugué au subjonctif (ex : malgré que j’en aie (comprendre : malgré moi, bien que je ne le désire pas), je reconnais les mérites de mon rival), que les deux mots côte à côte sont acceptés. Mais cet emploi est très rare.

Complément : malgré est invariable. Pas de s à la fin, ou d’accent grave etc. Et il s’écrit toujours en un seul mot. Il n’y a que dans l’expression bon gré, mal gré (qui signifie avec plus ou moins de bonne volonté) que l’espace s’impose.

Les capitales accentuées
Oubliées, voire dédaignées, les lettres majuscules accentuées ont tendance à disparaître. Pourtant, en français, l’accent a pleine valeur orthographique, et il convient d’établir comme règle leur devoir de présence. Si, en début de phrase, la capitale accentuée est conseillée mais ne porte a priori pas à confusion (À Dieu ne plaise ; Ôtez ce personnage de ma vue), dans une phrase entièrement constituée de majuscules, le sens peut être bouleversé (UN CURE TUE -> UN CURÉ TUÉ). Rappelons donc ici les raccourcis claviers des capitales accentuées les plus fréquentes : Alt 183 : À / Alt 144 : É / Alt 210 : Ê / Alt 212 : È / Alt 140 : î / Alt 226 : Ô / Alt 128 : Ç

&, @ et ~ : qu’est-ce que c’est ?
& : c’est un caractère typographique que l’on appelle (une) esperluette (également esperluète, ou perluète tout court, la règle est souple). Il résulte de la ligature du e et du t (souvenez-vous des majuscules tout en boucles que l’on traçait péniblement sur nos cahiers, en primaire à l’école). Il remplace le mot « et », et se prononce d’ailleurs ainsi. Un signe parfois dénommé « et commercial », car on l’utilise souvent pour des noms d’entreprises, où il représente le lien économique de partenaires privilégiés (Dupont & Dupond ; Père & fils etc.).

@ : si l’arrobe, arobe ou arobase (nom féminin) est désormais très connue, son origine étymologique, en revanche, est incertaine. A priori, le mot serait dérivé d’une unité de poids en espagnol, l’arroba (qui équivalait à 11,5 kilos), dont l’abréviation est effectivement @ (arroba étant lui-même dérivé de l’arabe « ar-roub », qui signifie « le quart »). En anglais on se pose moins de question, et on estime que @ est dérivé de l’abréviation du mot latin « ad » (à en français) et on le prononce « at ».

~ : cette petite vague flottante est appelée tilde (nom masculin). On peut le voir au dessus du n en espagnol (ce dernier se prononce alors « gn »). On retrouve ce signe également en informatique, lors de la gestion de dossiers ou de fichiers notamment.

Au jour d’aujourd’hui
Sous toutes les apparences d’un pléonasme (c’est le moins qu’on puisse dire : « hui » est un ancien mot synonyme de jour, aujourd’hui comporte donc déjà deux fois l’idée « du jour où nous sommes »), au jour d’aujourd’hui est, selon l’Académie française, usité par des auteurs de qualité, malgré sa redondance manifeste, et accepté (« Une riche plaine bien de chez nous, aussi belle qu’au jour d’aujourd’hui » (Maurice Genevoix)). Une tournure qui n’est pas incorrecte, donc, mais qui ne doit être utilisée que lorsqu’il y a une réelle volonté d’insistance. Il convient de ne pas en abuser ou en mésuser… ce qui n’est la plupart du temps pas le cas.

Ognon ou oignon ?
Les deux sont valides depuis les rectifications orthographiques de 1990 où l’on a décidé que, puisque le i d’oignon était muet, on pouvait tout aussi bien l’éliminer. Certains s’en offusqueront et estimeront tout de même que seul oignon est « vraiment » correct. À vrai dire, ce sont leurs ognons…

Quand même, c’est pas compliqué !
Faute énorme, certains écrivent quand même « comme même ». J’avoue ne pas comprendre comment c’est possible, et n’arrive pas à déterminer l’origine étymologique éventuelle de la faute. J’en suis arrivé à la conclusion que, hors dyslexie avérée, seules les personnes lisant très peu pouvaient la commettre (je n’exprime aucun jugement de valeur), et qu’elles confondaient, à l’oreille, les sons « quan-m » (liaison de quand et du m de même) et « comme ». Une explication peu convaincante mais je n’en vois aucune autre…

Complément : dans la même famille, “quand bien même” devient, sous la plume de certains, “combien même”…

Moult et oust(e) !
Deux mots qui n’ont rien à voir mais que je trouve assez amusants mis ensemble (et c’est mon post, je fais ce que je veux)… Moult, adverbe qui signifie beaucoup, est invariable (on peut parler de « moult batailles menées » mais moulte, moultes ou moults n’existent pas). Oust, interjection destinée à chasser quelqu’un, peut en revanche s’écrire avec ou sans e.

C’est ou ce sont ?
Si l’utilisation de « c’est » lorsque le nom ou le pronom qui suit est au singulier ne fait guère de doutes (ex : c’est le livre que je cherche), quand l’attribut est au pluriel les choses sont moins évidentes. Ainsi, par exemple, dit-on « c’est des histoires » ou « ce sont des histoires » ? La règle courante veut ici que l’on associe le pluriel au pluriel, en tout cas dans le langage soutenu. Nous préférerons donc « ce sont (ou c’étaient) des histoires ». Néanmoins, dire « c’est (ou c’était) des histoires » est accepté, et ne peut être considéré comme une faute. On considère en fait que l’on a une forme plus littéraire d’un côté, et plus courante de l’autre, c’est ayant pris valeur de présentatif (on peut le remplacer par voilà).

Mon grand dam ?
Le nom masculin dam, qui signifie préjudice, ou dommage, n’est guère utilisé que dans l’expression « au grand dam de », et souligne une déception profonde ou, en effet, un préjudice, le plus souvent moral (ex : Sophie se souvenait de tout, à mon grand dam ; Au grand dam de ses parents, le petit José n’était pas un élève très brillant).

Complément : on me signale fort à propos que dam, ici, se prononce “dent”, et pas “dame” ! La grande majorité des gens faisant la faute, il apparaît toutefois difficile de contourner une habitude désormais établie.

Faire fi de
Petit mot de deux lettres, fi a un sens vieilli et exprime le dégoût, la répugnance (ex : Fi ! que cela est laid !). Désormais, on l’utilise presque exclusivement dans l’expression « faire fi de » (quelque chose), qui signifie dédaigner, ne pas (ou ne plus) tenir compte de (ex : Ah! il faudra que je donne ce renseignement à certaine personne qui n’est pas femme à en faire fi (Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs).

Ah, l’envie…
Faute classique, la locution adverbiale « à l’envi », qui signifie « à qui mieux mieux », « en rivalisant » (ex : La rage et l’amour le déchiraient à l’envi (Flaubert, l’éducation sentimentale)) se voit transformée en « à l’envie » très régulièrement. Ce n’est guère étonnant, les deux graphies étant très proches, mais envi (idée de provocation, d’émulation) et envie (idée de possessivité, de jalousie) ont ici un sens très différents. Attention, donc.

Un vrai cauchemar (sans d !)
Attention, grosse faute. Cauchemar s’écrit de cette façon, et jamais avec un d. Une habitude qu’ont pris certains, vraisemblablement parce que dans ses autres formes (verbe, adjectif) on écrit cauchemarder, cauchemardesque etc.

A priori : avec ou sans accent ?
En m’intéressant au simple a priori, que l’on écrit désormais sans accent sur le a, je ne m’attendais pas à une telle débauche d’explications… Impossible de rentrer dans le détail : le sujet est bien trop pointu pour tenir ici en quelques lignes. Je vous invite donc à consulter ce lien http://www.langue-fr.net/index/A/a-priori.htm et à vous faire votre propre opinion si la chose vous intéresse.

Prémices et prémisse(s)
Attention, lorsqu’on évoque le commencement de quelque chose, son début, il faut écrire prémices (ex : les prémices de l’amour, du printemps etc.). Le mot est toujours féminin pluriel.
Prémisse, homonyme déstabilisant qui peut s’écrire au singulier ou au pluriel fait référence 1/ aux deux propositions d’un syllogisme * ou bien 2/ désigne un fait d’où découle une conséquence, ou une proposition qui fonde une conclusion. Dans ce dernier cas, on comprend que la confusion entre les deux orthographes soit possible. Il faudrait ainsi écrire « La crise économique fut la prémisse de la guerre » mais « La crise économique marqua les prémices de la guerre ». Dans le premier cas prémisse est associé à la crise économique, qu’elle désigne (on désigne un fait, qui a une conséquence) ; dans le second cas prémices évoque le début de la guerre. Oui, c’est subtil…

  • Un syllogisme est un argument contenant trois propositions : la majeure, la mineure et la conclusion qui se déduit nécessairement des deux autre. Ex : Tous les hommes sont mortels / Je suis un homme / Donc je suis mortel.

« Bien mal acquis » mais « par acquit de conscience »
Eh oui. Acquis et acquit sont homonymes, mais ne proviennent pas du même verbe. D’un côté nous avons acquérir (gagner, obtenir), de l’autre nous avons acquitter (payer une dette). On écrira ainsi « bien mal acquis ne profite jamais » (on ne l’a pas gagné honnêtement) mais « je le fais par acquit de conscience » (je le fais parce que je veux libérer ma conscience en payant de retour, ou en accomplissant ce à quoi je me suis engagé).

Appas et appâts
Si les appas (les attraits) d’une belle femme peuvent, il est vrai, servir d’appâts, n’oubliez pas que ce dernier mot a davantage sa place au bout d’un hameçon. Les deux mots sont toutefois quasiment synonymes, puisqu’ils « attirent ». Il n’y a guère que l’idée de danger associée à l’un plutôt qu’à l’autre qui les distingue.

Une gag(e)ure
Le mot gageure - une action étrange ou difficile, que l’on pense motivée par un défi - se prononce « gajure ».

Nénuphar ou nénufar ?
La question est intéressante. Officiellement, c’est nénuphar qui est jugé correct, mais jusqu’en 1935, le mot s’écrivait nénufar, en référence au mot persan dont il s’inspire, nilufar, le « ph » servant plutôt à transcrire la lettre phi tiré du grec ancien. Que nénufar ait tout à coup été écrit nénuphar semble être une erreur, qui est restée et qu’aucune réforme n’a désormais réussi à corriger. On peut raisonnablement penser que les deux orthographes sont acceptables, bien que de nombreux dictionnaires ne considèrent que la version officielle.

Ouï-dire
Non, on n’écrit pas « oui dire », mais bien « apprendre par ouï-dire », avec tréma sur le i et trait d’union. Ouï, ici, est bien entendu tiré du verbe désormais tombé en désuétude « ouïr », qui signifie entendre et que l’on ne conjugue désormais plus, j’ois, nous ouïmes ou que j’ouïsse étant définitivement passés de mode…

Supporter et soutenir
On soutient quelqu’un lorsqu’on l’encourage, qu’on l’aide. On le supporte lorsqu’on le tolère, ou qu’on endure ses actions. L’anglicisme « supporter », qui désigne les fans d’une équipe de foot par exemple, fait que les deux verbes sont parfois confondus. Ils ont pourtant des sens opposés.

Le pluriel des nombres
Million et milliard, considérés comme des noms communs, s’accordent au pluriel. Mille en revanche est tenu pour un numéral, invariable. Plus fourbes, cent et vingt tiennent un peu des deux : ils s’accordent au pluriel dans le cas où ils terminent un nombre, mais restent invariables lorsqu’ils sont suivis d’un autre élément numéral. On écrira donc :

  • Un million / deux millions.
  • Un milliard / deux milliards.
  • Mille / deux mille.
  • Quatre-vingts / quatre-vingt un.
  • Trois cents / trois cent un.
  • Gagner des mille et des cents.

Il faut noter que ces règles ont été établies, semble-t-il, de façon arbitraire par des grammairiens au XVIIIe siècle, et qu’il est fort possible qu’elles soient réformées un jour. En attendant, il convient toutefois d’essayer de les respecter.

Tort et tord
Faute étonnamment répandue, le verbe tordre est souvent employé lorsque l’on évoque le fait de ne pas avoir raison. Je le rappelle donc ici : lorsque quelqu’un n’a pas raison, se trompe, commet une erreur, il a tort, avec un t. Ex : à tort ou à raison / à tort et à travers / être dans son tort / le tort tue (rires). On utilise le verbe tordre pour signaler une torsion (il lui tord le cou). Signalons tout de même que tort vient du latin torquere qui signale quelque chose « de tordu », par opposition à ce qui est droit. D’où une confusion étymologique compréhensible…

Quoi qu’il en soit ou quoiqu’il en soit / Quel que soit ou quelque soit / Quoi que ou quoique…
Ok, alors là, attention, c’est du sévère : de très nombreuses personnes, même parmi les cadors en orthographe, ont du mal avec ces conjonctions, pronoms et tutti quanti. On va essayer de faire simple.

« Quoique » a généralement le sens de « bien que ». Ex : « Quoique blessé, il partit au combat », ou encore « Je sors, quoique je sois encore fatigué ».
« Quoi que », en deux mots, a lui généralement le sens de « quelle que soit la chose qui/que ». Ex : « quoi qu’il arrive » ou « quoi que tu penses de moi… »

Ce qui amène à une faute récurrente chez beaucoup : le fameux « quoi qu’il en soit », utilisé en début de phrase, qui ne s’écrit JAMAIS « quoiqu’il en soit ». Pour s’en souvenir il suffit de garder en mémoire le fait que « quoique » est synonyme de « bien que » et que « bien qu’il en soit », ça ne veut rien dire en début de phrase… (on peut en revanche écrire « Il ne peut plus manger de caramel, quoiqu’il en soit fou »)

On termine donc cette entrée avec « Quel que soit », qui s’accorde avec le sujet du verbe. Ex : « Quelles que soient tes raisons, c’est impardonnable ».
« Quelque soit » est une faute. Mais on peut écrire, par exemple, « par quelque procédé que ce soit », ou quelque a le sens de « n’importe lequel ».

Qu’il voit ou qu’il voie ? (utilisation du subjonctif)
Encore une règle assez pointue pour le commun des mortels : l’utilisation du subjonctif. Nombreux sont ceux, en effet, qui ont tendance à écrire, par exemple, « Il faut que je (le) vois » alors que la bonne orthographe est « voie ». Pour éviter la faute, le plus simple est de remplacer le verbe utilisé par savoir, par exemple. Ainsi on ne dit pas « Il faut que je (le) sais », mais bien « Il faut que je (le) sache ».
On notera que présent et subjonctif présent peuvent parfois être utilisés indifféremment, même si cette règle ne fait pas toujours l’unanimité. Ex : « C’est le seul ami que je lui connais/connaisse ».

Différent et différend
Attention : si le mot « différent » s’utilise pour définir quelque chose qui diffère, qui n’est pas dans la norme, « différend », lui, a le sens de conflit, désaccord. Ainsi il faut écrire « Les différends qui les opposent ».

À cor et à cri
Eh oui, le cor, ici, n’est pas le corps (humain) comme on le voit écrit trop souvent, mais bien le cor de chasse, qui servait à traquer la bête tandis que l’on poussait des cris. Une expression héritée de nos amis chasseurs, donc…

Une question en suspend ou en suspens ?
Attention : une question ne reste pas en suspend, mais bien en suspens. Le mot, ici, a le sens d’arrêt momentané. De la même manière que des points de suspension « … », en grammaire, peuvent signaler quelque chose d’interrompu, d’inachevé.

Et bien ou eh bien ?
Très utilisée en langage parlé, l’expression « Eh bien » s’écrit avec un h, et pas un t, comme on le voit bien souvent (même chose pour « Eh oui », « eh non »…). On utilise en effet une interjection qui sert à donner de la force à l’expression, et pas une conjonction de coordination, qui n’a ici pas de propositions à relier. En revanche il faut écrire « Et bien sûr… », la suite de la phrase exprimant ici, a priori, une conséquence logique.

Liens et références :
http://www.academie-francaise.fr
http://atilf.atilf.fr (outil d’analyse de la langue très complet)
http://www.sdv.fr/orthonet
http://grammaire.reverso.net
http://www.crisco.unicaen.fr (dictionnaire des synonymes dans la partie Outils)
http://www.mediadico.com (dictionnaire + conjugueur ; nécessite une inscription gratuite)
http://www.langue-fr.net
http://www.etudes-litteraires.com
http://www.dicomoche.net
http://correcteurs.blog.lemonde.fr
http://www.expressio.fr

Excellente idée ce post, Chris. J’y ajouterai ma modeste contribution dès que j’ai un peu de temps. B)

Génial ce post.
Est-ce que je peux le copier sur un autre forum (évidement, je préciserai la source).

Peut-être, pour compléter ton passage sur “voir” et “voire” pourrait-on préciser que contrairement à l’habitude qu’ont un tas de opersonnes, on ne dit pas “voire même”. “Voire” se suffit à lui-même, ou alors “et même”, comme tu le suggères, mais pas les deux à la fois. C’est mon prof de français du lycée qui me l’a dit, c’est sûrement vrai B) . Bon il avait les explications qui vont bien, mais je n’ai plus mes cours sous la main. Voire même est redondant, c’est ce que j’en avais retenu.

Si vous êtes friands d’explications sur la langue française, je ne peux que vous conseiller de regarder la courte émission “Merci professeur !” sur TV5. Toutes les émissions déjà diffusées sont mises en ligne ici :
http://www.tv5.org/TV5Site/lf/merci_professeur.php

“Voire même” est un pléonasme, puisque les deux adverbes ont la même signification. Ca revient à dire “Et même même…”

Excellente idée, et excellent post ! J’ai voulu apporter ma pière à l’édifice et finalement je ne suis pas parvenu à trouver la bonne ortographe, alors ça se transforme en question… Doit-on écrire “peu me chaut” ou “peu me chault” ?

Pourtant, il apporte une oralité dans le style qui n’est pas du tout une faute. On ne devrait pas se priver de faire des pléonasmes voire même des redondances quand on cherche un certain style direct.

Parce que “voire” tout seul fait un peu pédant de nos jours, alors que “voire même” sonne beaucoup mieux à l’oreille.

Et puis, tiens, au fait, moi j’aurais dit que “voire” pouvait se remplacer par “ou”. Donc si on suit une certaine logique, on peut rejeter la locution “ou même” dans la même case des pléonasmes? Ou pas?

Et puis un petit edit parce que je ne suis pas trop d’accord quand j’entends que “même” et “voire” ont la même signification. Je n’ai pas l’impression que ce soit toujours vrai.

  • Je mangerais bien une orange, voire deux.
  • Je mangerais bien une orange, même deux.

=> OK

  • Il renversa le gouvernement pour la gloire de son peuple, voire pour sa propre gloire…
  • Il renversa le gouvernement pour la gloire de son peuple, même pour sa propre gloire…

=> Pas OK, je pige pas. Ou alors je suis très con B) (Parce que dans le deuxième exemple, j’aurais bien écrit un “voire même”)

Ma petite pierre, une faute (au moins, pas fini de lire) se cache dans ton post :
“Hors on n’évoque pas ici la possibilité” -> Or B)

[quote=“Ilford, post:8, topic: 32438”]Pourtant, il apporte une oralité dans le style qui n’est pas du tout une faute. On ne devrait pas se priver de faire des pléonasmes voire même des redondances quand on cherche un certain style direct.

Parce que “voire” tout seul fait un peu pédant de nos jours, alors que “voire même” sonne beaucoup mieux à l’oreille.[/quote]
Ca se discute mais perso, je ne suis pas fan. “Voire même”, pour moi, ça sonne “comique”. Ca reste une faute au sens strict, cela dit, contrairement à ce que tu dis. Alors, effectivement, le pléonasme peut servir de figure de style (au même titre qu’un paquet de “fautes de grammaire” d’ailleurs, comme les zeugmes par exemple, qui s’y prêtent plutôt bien), mais je ne suis pas partisan de celle-là. Je trouve l’expression lourde.

Choisis ton camp, camarade, comme disait Coluche.

Chris a l’air plus calé que moi sur le sujet, mais je dirais que “voire” ne peut pas s’utiliser pour marquer une alternative, il s’agit plutôt d’une précision, d’un renforcement.

Tu ne diras pas “rouge, voire bleu” pour dire “rouge ou bleu”, mais tu diras par contre “rouge, voire bordeaux”.

Et “ou même” ne peut pas être un pléonasme, ce sont deux mots de nature et de sens différents.

Je vois je vois je vois B)

(tiens au fait, j’avais fait un petit edit du post, mais j’ai pris mon temps pour trouver des exemples, donc désolé vous avez posté entretemps)

Tant que j’y pense, voici un échange de mails que j’ai eu avec un chargé de mission à l’académie française :

Ma question :

[quote]From: xxx@xxx.org
To: “DICTIONNAIRE” <dictionnaire @ academie-francaise.fr>
Sent: Saturday, March 18, 2006 6:56 PM
Subject: Question de langue

Message : Bonjour,
Après avoir lu http://www.academie-francaise.fr/langue/qu…s.html#au_temps , je me pose une question.

Lorsque vous écrivez “la graphie Autant pour moi est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie”, cela signifie t’il que ecrire “Autant pour moi” dans une situation où l’on admet son erreur est une faute ? Ou cela signifie t’il que c’est passé dans le langage courant et est donc considéré comme une graphie exacte ?

Merci d’avance pour votre réponse

XXX[/quote]Sa réponse (pan sur mon bec) :

[quote]Monsieur,

Le fait qu'une graphie erronée se répande ne la rend pas correcte. L'Académie observe l'usage, constate la fréquence de telle forme fautive, et met en garde contre son emploi ("rien ne la justifie").
Je me permets de vous signaler que l'on écrit cela signifie-t-il (prend-il, a-t-il...).

Cordialement vôtre,

Serge XXX
chargé de mission[/quote]

ace -> oui, je protège pas ça par droits d’auteur. Tu peux le mettre ailleurs avec la source (le but ici c’est que les gens s’intéressent à l’écrit et se posent des questions, je recherche rien d’autre).

drealmer -> peu me chaut avec un t. Ca vient du verbe chaloir (intransitif) qui n’existe d’ailleurs que sous cette forme. Il y a d’autres verbes pas évidents (gésir (pour ci-gît) par exemple).

gnocchi -> merci ! Je vais corriger.

Pour voire même, si j’en crois http://atilf.atilf.fr/ (outil très performant) l’expression voire même est souvent considérée comme un pléonasme fautif et notée familière. Donc voilà. Maintenant je suis d’accord pour dire que son usage n’est guère choquant. Ca m’embête beaucoup moins que un espèce, par exemple…

[quote=“Faskil, post:10, topic: 32438”]Ca se discute mais perso, je ne suis pas fan. “Voire même”, pour moi, ça sonne “comique”. Ca reste une faute au sens strict, cela dit, contrairement à ce que tu dis. Alors, effectivement, le pléonasme peut servir de figure de style (au même titre qu’un paquet de “fautes de grammaire” d’ailleurs, comme les zeugmes par exemple, qui s’y prêtent plutôt bien), mais je ne suis pas partisan de celle-là. Je trouve l’expression lourde.[/quote]ça peut servir à faire de l’emphase, en tout cas je l’ai toujours comprise comme ça, cette expression

Hopla, en bookmark ce topic B) Très interessant, merci.

Dans le même genre, sur un autre forum :
http://www.niowar.com/nespas/index.php?topic=89.0

Chris président. Stou. B) Plus sérieusement j’avais douté et finalement fait la faute sur le bât blesse y’a pas 3 jours sur mon blog. Corrigé donc, et merci pour la leçon. (en même temps, vu toutes les autres fautes que je fais… :S )

Chris : je n’ai super pas le temps de le faire mais un autre cas intéressant est “moult” (très souvent utilisé n’importe comment sur ce site), alors “moult” invariable ou pas ?

Ce n’est pas si évident que ça en a l’air B)

Ce forum a effectivement l’air intéressant. Je m’en inspirerai sûrement plus tard pour certains thèmes et éditerai mon post pour l’enrichir. Ce qui se dit ici même pourra aussi servir (exemple avec chaloir et gésir : parler des verbes pas connus). Le sujet est inépuisable. J’essaie juste de limiter un peu à ce que personnellement je trouve vraiment intéressant, et j’évite le “pinaillage” (sur certaines réformes de l’orthographe par exemple, avec des accents qui sautent sur certains mots etc. Enfin on a pas trop à se plaindre, on est loin de la réforme allemande qui a fait couler beaucoup d’encre !). Content que ça intéresse des gens ce sujet en tout cas…