Contre l'écriture inclusive

comédie

#1

Si jamais ça intéresse quelqu’un·e, voici un long read que je viens de publier contre l’écriture inclusive : https://medium.com/@binnie/contre-lécriture-inclusive-4d7bbd4df09


#2

Cherche pas, je vais sur-liker partout où tu vas le linker.


#3

Merci ! :joy:
C’est toujours rassurant de voir des enseignants offusqués.


#4

Safety announcement: Voyant le sujet et connaissant certains énergumènes sur GZ, j’en profite pour prévenir que les posts sur ce thread du style “et là tout est dit” ou “t’es con t’as tort” seront sabrés sans discernement, merci :slight_smile:


#5

Moi ça me va !


#6

Je crois que là out est dit…


#7

S’il y a bien un truc qui m’exaspère encore plus que l’écriture inclusive, c’est le franglais.
Tu as publié un “read” ?? Et dès le début de ton laïus, “ça trigger tous mes OCD” ???

Je… Quoi ??

Chacun a ses propres limites dans la lecture d’un texte :slight_smile:


#8

J’ai pas pu m’en empécher! panneau2


#9

C’est cool d’avoir un texte aussi long avec autant d’éléments à critiquer positivement ou négativement.
Tu dis :

La forme au masculin neutre est plus inclusive que son alternative binaire : elle fonctionne comme une ombrelle qui inclut tous les genres : hommes, femmes et personnes transidentitaires, quand son alternative «inclusive» déploie une binarité de part et d’autre du point médian ; opérateur typographique dont chacune des opérandes (en l’occurence, les caractères ‘é’ et ‘e’) appelle respectivement les hommes, puis les femmes (puis plus personne), distribuant les genres en deux entités distinctes, au lieu de conserver une forme factorisée neutre qui inclut tout le monde.

Alors que ce j’avais compris le but de l’opérateur médian c’était justement d’être le lien entre le masculin et le féminin avec toutes les identités transgenres incluent entre justement. L’opérateur () (pour reprendre ton vocabulaire) permet déjà de dire exclusivement masculin ou exclusivement féminin.

racisé(e)

C’est étonnant de reprocher à l’écriture inclusive de ne pas inclure tout le monde.


#10

Mais c’est justement un des plus gros reproches qui est fait à cette écriture et pas que par l’auteur de ce texte : elle réduit à 2 formes plutôt que de laisser une forme “générique” qui n’était pas sensé avoir de limite et surtout ne pas l’emporter comme disent les supporters de l’inclusif pour avoir un argument.
L’exclusion provoquée va plus loin : cette écriture fausse par exemple les logiciels de lecture pour aveugles ou mal-voyants et rend ainsi la compréhension des textes plus difficile.

PS : j’acquiesce par contre sur l’utilisation du franglais qui rend la lecture moins agréable, c’est dommage, le fond est intéressant.


#11

Je comprends l’idée de l’écriture inclusive mais alors je supporte pas l’usage dans sa forme pointée :confused:

L’article m’aura au moins appris l’existence du iel, et ça me fait limite plus peur que les points :x


#12

Je suis, sur le fond, pour une écriture inclusive, mais j’ai également un gros soucis sur sa forme (du moins l’actuelle) que je n’arrive pas à utiliser.

Surtout que c’est un problème uniquement dans certaines langues, comme très bien décrit dans le papier.


#13

J’ai réglé le soucis du point médian dans les textes chez moi. De manière assez simple au final. Si je voie l’usage de cet élément, je ferme l’onglet/le texte que je suis en train de lire.
Immédiatement.
Tant pis le fond m’intéresse, je ne lirais pas ces textes.


#14

Pareil, je trouve ça tellement illisible :confused:
Toute la com’ de notre université l’utilise… c’est tellement lourd (pour le lecteur et le rédacteur)… que plus personne ne la lit autour de moi.


#15

J’en profite pour dire que l’écriture inclusive existe en fait depuis super longtemps. La seule réforme sur laquelle la sphère médiatique semble s’emballer est celle du remplacement de la parenthèse par le point.

Je connais personne qui se choque de la parenthèse. Mais c’est sans doute le produit de ma bulle.
Les usages de cette forme d’écriture seront d’ailleurs les mêmes que celle de la parenthèse. Ni plus ni moins.
Maintenant chaque auteur(e) est libre de réinventer la langue. C’est d’ailleurs là sans doute le signe d’un travail qui tend vers l’art (big up Chloé Delaume par exemple)…

Les développements logiques sont intéressants. Merci beaucoup @binnie. Du coup tu penses quoi de l’accord de proximité ?


#16

Personnellement je vois plus ça comme un désir de plaire a un (petit) nombre tout en alourdissant/enlaidissant la langue française. Comme @Haza j’ai tendance a zapper les textes qui en font usage. Prochaine étape: Plaire aux petits jeunes en intégrant le langage SMS a tendance “forfait voyelle”…


#17

J’ai deux problèmes avec l’écriture inclusive:

Le premier est lié à l’aspect pratique et autres éléments discuté ci avant. Je n’ai pas grand chose à ajouter mis à part allonger la liste d’exemples.

Le second est la raison pour laquelle ce format est poussé en avant et surtout les argument falacieux qui viennent supporter l’approche. On aurait via cette forme d’écriture un moyen de “rétablir l’égalité homme femme”: le fameux argument du “pourquoi le masculin l’emporte”. Et on s’arrête là, sous entendant que la langue s’est construite avec un volonté de patriarca etc etc, comme si les hommes avaient décidé que le masculin l’emporterait toujours SAUF QUE:

  • Les noms de metiers sont masculin : scandaleux!!! mais pourquoi alors les noms de disciplines sont tous féminins? Faudrait il qu’une Pharmacienne pratique le pharmaçage pour que tout le monde soit content? ou bien Un-e Pharmacien-ne pratique l-a-e pharmac-ie-age (non je n’apprendrai pas comment avoir ce point sur le clavier)?

  • La langue Française n’ayant pas de réel neutre, devons nous forcément expliquer par des raisons “sociologiques” pourquoi on dit une maison et un appartement.

L’écriture inclusive finalement ne me gène pas plus que ça car c’est l’usage qui fait la langue (clé /clef, clore / cloturer, au temps pour moi etc etc), et le maintient de l’usage des formes devenues désuètes tient plus du marqueur social et culturel que de l’efficacité/utilité dans le langage. Bref je ne pense pas qu’une forme si compliquée ait un avenir.

En revanche ce qui me gène au plus haut point c’est que ces ensembles de débats soit disant féministes (écriture, “manspreading” vs "sac a main posé sur le siège d’à côté) sont contre productifs au regard des aspirations Féministes d’importance (cela n’engage que moi) que sont l’équité dans la rémunération, l’égalité dans les opportunités d’accès aux responsabilités, bref améliorer réellement la condition des femmes, tout le reste n’est que détournement d’attention et spectacle, avec bonus autocongratulation pour les esprits supérieurs qui ont passé 10 ans de leur vie à disserter sur le caractère le plus à même d’être utilisé pour cette écriture.


#18

this!


#19

Le problème des requisitoires, tout argumenté qu’ils puissent être et basé sur du bon sens, c’est qu’il ne marche que face à des gens non bornés/obtus/stupides.

Je suis parfaitement d’accord avec l’article (car homme cis-“à peu près tout” il paraît que ça va de paire), mais quand je lis ça :

Je suis un programmeur, et avec ce seul terme, je suis complètement appelée.

Je ne peux m’empêcher de voir la tête des féministes “bas du front” (c’est là le terme important, qui désigne une sous catégorie et non un ensemble) se parer d’un sourire se disant que :
“bah voilà ma pauvre amie, tu es déjà conditionnée par le partiarcat, c’est pour ça que tu ne peux pas comprendre”.
conan-finger-wave

EDIT:

Cette façon de se forcer à tout écrire en double ressemble à une féroce contrainte que même la section BDSM de l’Oulipo aurait pu qualifier d’expérience «pas très amusante».

Savoureux <3


#20

Surement deja lu par tous mais j’avais trouve ca bien, aussi : https://unodieuxconnard.com/2017/11/14/lecriture-pas-tres-inclusive/