Dumbphone / feature phone pour ado

J’ai pas mal discuter avec eux sur les mécaniques d’addiction de ces jeux F2P (on a aussi regardé des docu qui abordent le sujet). Pour leur expliquer comment ces applis manipulent nos biais par pleins de méthodes différentes, comme les couleurs criardes qui stimulent notre cerveau, les récompenses permanentes, le fait qu’on progresse TOUJOURS même si on perd, on est récompensé. J’ai expliqué l’effet que ça a sur notre cerveau et les hormones de notre corps et comment ça explique qu’on a toujours envie d’y revenir. Que c’est le même genre de manipulation que dans la publicité…etc…etc…

Je pense que ça a touché son public et qu’ils sont un peu plus attentifs à ces mécanismes et tentent, peut-être pas de s’en préserver (est-ce seulement possible ?) mais à minima de les détecter.

J’essaye également de les attirer sur des jeux plus qualitatifs (d’où mon post d’idée de RPG) plutot que de les laisser se vautrer dans le premier F2P venu.

Déjà, pas de quoi culpabiliser: comme dit au-dessus: chacun fait comme il peut. Je pense qu’on a tous connu le même soucis: le gosse a été livré sans la notice, donc chacun pour soi et dieu pour tous…

Je pars du principe que mon objectif en tant que parent, c’est de parvenir à les amener à la majorité avec un certain savoir-être et une conception de la vie.

Mais ça va pas se jouer à 16 ans… A 16 ans, j’estime que si mon gosse pense que la fast-fashion, les RS et la télé-réalité sont des modèles de vie respectable, c’est trop tard. J’ai pas su lui expliquer, tant pis pour moi et pour lui. Inutile d’aller au conflit à ce moment-là, il deviendra un adulte bancal qui aura besoin d’achever de se construire (ou se déconstruire ?) et je serais là quand il le souhaitera.

Mais du coup, à partir de 15-16 ans, je commence à leur lâcher la grappe et à « voir » comment il se démerde entre toutes les tentations de la vie. Je reste présent pour les guider, les soutenir, les aider s’ils se plantent. Mais je n’impose plus grand chose, on se contente de donner notre avis (« non, on pense que tu ne devrais pas aller à cette fête ») et si le boulot en amont a été bien fait, ils comprennent pourquoi on leur déconseille. Mais faut bien réaliser qu’a 18 ans et 0 jour, s’il décident de ne plus donner signe de vie et de dépenser l’intégralité de leurs économies en une soirée, rien ne pourra les empêcher…

Mais je crois que les valeurs qui donnent le sens de la vie doivent être expliquée avant 12-14 ans, quand le jeune ado va chercher sa personnalité. S’il n’a pas pigé à ce moment là, qu’on était pas des obstacles, mais bien des soutiens pour lui, ça va être très compliqué.

A ce titre, le livre « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » m’a énormément apporté sur la façon dont un enfant « glisse » (je l’ai lu au moment à peu près quand je suis devenu parent). Je m’y réfère souvent mentalement dans ma manière d’aborder les choses.

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