L'après Fukushima : et l'énergie ?

#1

Un fil tout neuf pour débattre des questions d’énergie sans occuper illégalement le fil de Fukushima (qui a dit et sans troller ?)

Première question qu’on se pose : et la place du nucléaire ?

Comme tout bon débat, venez-y sans idée toute faite, acceptez l’agumentation et surtout gardez en tête que vous pouvez changer d’avis. Accepter et faire sienne l’idée d’un autre c’est paraît-il le début de l’intelligence…


Fin du débat sur le site The Economist autour du nucléaire entre un lobbyiste pro-ENR et anti-nucléaire et un lobbyiste pro-nucléaire mais pas anti-ENR.

9 jours de débat arguments contre arguments, conclus à chaque fois par un modérateur avec quelques invités pro ou anti, le tout commenté par les lecteurs du site qui donnent une note à chaque round.

La question a été posée de cette façon : This house believes the world would be better off without the nuclear energy.

Je vous laisse découvrir les résultats.

[quote]De pro-nucleaire il y a 10 ans , qui en a parfois fait son gagne pain, je passe gentiment à Anti nucleaire . Car on se paluche sur les énergies renouvelables , on se tape dessus avec les pour ou contre de certaines autres technos . Mais perso je persiste à penser comme un bon vieux paysan doté du fameux mais peu reluisant BSP ( Bon Sens Paysan) : C’est pas comment faire les bornes à moins cher qu’il faut faire , il faut faire moins de bornes surtout ! .
Et il faut augmenter le prix de l’énergie , partout pour tous. Et surtout faire de l’urbanisme une priorité . Stoppez net les compétitions entre villes : exemple Paris déjà inhumaine qui va l’être encore plus car il faut concurrencer Londres . Nawak . La répartition géographique où on travaille à paris et on part en vacances en province . du coup paris gonfle au point d’éclater la province se ratatine dans une sclérose anti-économique . Et les bornes pour aller au taf car vivre à proximité est un luxe . une desindustrialisation qui à vidé le peu d’actif en province . Bref L’economie de l’energie passe par une rationalisation de la gestion du territoire . C’est pour moi la priorité . et pas comment faire pour depenser 1l de moins aux 100 ou avoir une maison BBC . [/quote]
(de Patryn, dans l’autre post)

L’électricité est assez peu liée aux questions de mobilité, excepté pour les transports en commun de courte distance.

La question de l’urbanisme est gigantesque. Elle suppose bien plus qu’une concertation entre des gens bien élevés dans des domaines de spécialité séparés mais exige de vrais croisements de compétences, et ça, ça se passe dans l’enseignement supérieur, de la même manière qu’un ingénieur aujourd’hui devrait avoir une formation plus robuste en droit, des experts en sciences sociales devraient avoir une formation pour comprendre les fondements de la science, en particulier dans l’énergie. Depuis la LRU, qui correspondrait a une décentralisation franche et bienvenue, les cursus sont moins cloisonnés et j’y vois un bon signe. Mais le changement à l’échelle de la société sera très lent s’il n’y a aucune incitation. Comme un viticulteur qui a passé sa vie à traiter aux produits chimiques sans se poser de question et à qui on va demander d’être plus raisonné ou de passer en agriculture biologique mais ça a été prouvé et ça marche. Une génération pour les comportements.

J’approuve pas mal de choses sinon en particulier sur le prix de l’énergie et la vision traditionnelle colbertiste de l’économie. Si l’Europe est notre salut (mais ça il va falloir convaincre pour que l’idée percole), les régions, voire les communes, en sont le moteur. La décentralisation est indispensable. Un premier pas a été fait sur l’aménagement du territoire par le Grenelle (principalement pour arrêter l’hémorragie de bitume et de béton) mais ça reste des esquisses sans véritable plan pour les (soyons optimiste) 40 prochaines années. De 80 à 95% de baisse d’émissions de CO2 c’est l’objectif de l’Europe d’ici à 2050. C’est énorme. Avec, pour revenir à la France, un prix de l’électricité assez bas, on ne vas inciter aux bons comportements.

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#2

En fait le problème du nucléaire n’est pas seulement lié à sa technologie mais aussi à son opacité lié au complexe militaro-nucléaire industriel. Que ça soit au Japon ou en France bien qu’il y ait l’IPSN, heu l’IRSN maintenant, équivalent de la NISA, tout fonctionne trop en vase clos. L’exemple à Fukushima c’est que le premier ministre a vu quasi en direct l’explosion mais n’a été prévenu par Tepco que 2h après. Alors qu’au contraire pour qu’il y ait un minimum de confiance il faudrait que ça soit beaucoup plus ouvert. Je n’étais ni pour ni contre, en attendant d’avoir mieux, mais la mauvaise gestion de la crise au Japon, je ne parle que du nucléaire, nous amène à nous poser des questions en France l’un des 3 pays les plus nucléarisé. Vu la géographie à Lyon de la cathédrale de Fourvières on voit le Mont Blanc mais aussi la Centrale Nucléaire du Bugey! D’ailleurs c’est sur la table d’orientation!! mais sans indiquer ce que c’est. Et donc ça fait froid dans le dos de la voir si près. Et au Japon c’est bien pire car comme c’est une ile longue, ça peut poser des problèmes de coupure entre le nord et le sud en cas de catastrophe nucléaire de type Tchernobyl.

Tout à fait. D’ailleurs ce qui est valable entre Paris et la Province, avec un centralisme effréné de Paris, est aussi valable entre métropole, ville moyenne et arrière pays: comme le pays s’est désindustrialisé, les métiers sont devenus majoritairement des métiers de service, ce qui aboutit à des congestions car tout le monde travaille en ville alors que dans le temps les gens travaillaient aussi en dehors de la ville et pas seulement dans l’agriculture mais dans la petite industrie.

Mais si le pétrole devient de plus en cher et qu’on ne peut pas utiliser le nucléaire. Qu’est-ce qu’on fait ? En tout cas il faut au moins supprimer les flux inutiles comme les transports liés les industries de transformation alimentaire qui passent 3 ou 4 fois la frontière.

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#3

D’ailleurs, qu’on m’explique: je travaille en ville, me tape 40km aller retour tous les jours pour aller bosser dans un local chauffé par les soins de l’entreprise, alors que tout ce que je fais, je pourrais sans problème le faire de chez moi (je n’ai que besoin d’une connexion internet, tout est virtualisé derrière un VPN).

Pourquoi certains patrons s’obstinent à payer des locaux pour leur employés? Pour mieux les surveiller? Alors que mon patron se trouve à singapour? Pour mieux communiquer? Alors qu’on doit tout faire part mail pour garder des traces?

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#4

Déjà pour bien comprendre et avoir une argumentation correcte vis a vis de ce qu’il se passe au Japon, il faut avoir un minimum de connaissance dans le domaine de l’exploitation industrielle du nucléaire, et non pas du coté de l’exploitation militaire.

Le nucléaire est une énergie très propre et très fiable pour commencer, a la différence des réacteur à neutrons rapides et à caloporteur sodium (SuperPhénix, réacteur de Monju - Japon, la catastrophe qui a joué sur l’arret de superphenix “Le sodium liquide peut s’enflammer au contact de l’air, désagréger le béton et générer une explosion au contact de l’eau”).

Malgré ce qu’énormement de personne pensent, une centrale nucléaire est loin d�??être dangereuse, car une centrale nucléaire ne peut pas exploser.
Les seuls risques lié au nucleaire sont actuellement ce qu’il se passe au japon, a savoir une explosion d�??hydrogène qui peut venir de la fusion du coeur. A partir de ca on peut éventuellement en déduire que le coeur a très certainement traversé la cuve de confinement et qu’il y a eu interaction du corium et du béton d�??où la création d�??hydrogène.
Le problème lié a ca est l’infection des nappes phréatiques et des retombées radioactives un peu partout sur des zone allant de 0 a 100km a la ronde (sans compter le mouvement des vents, ou autre phénomènes).
Pour que le coeur rentre en fusion, il faut qu’il y a surchauffe, a savoir que c’est une chose qui se produit tres rarement, et pour qu’il y ai surchauffe, il faut que le système de refroidissement soit dysfonctionnel. Il y’a avais eu un problème de ce type en France il y a quelques années de ca (je me demande si c’est pas autour de toulouse, mais je ne suis pas sur), ou la central pompait de l’eau dans une source d’eau a proximité pour la faire passer dans la centrale (en gros) et la rejeter ensuite (sans contact direct avec des substances radioactives, pour que l’eau ne soit pas contaminée).
Un jour, des branches d’arbres se sont accumulée au niveau des filtres de la pompe a eau, empechant l’eau de rentrer pour refroidir tout ca, ce qui a conduit a une surchauffe. Le probleme a été reglé en diminuant la puissance du reacteur et en evacuant l’evaporation par des valve pour empecher que le dome ne se fissure ou explose (arretez moi si j’ai fais une erreur, ma mémoire me fait defaut par moment).
Bref un probleme quasiment identique a celui du japon, problème de pompe entrainant une surchauffe. A la différence que la bas, il n’ont rien pu faire vu que la pompe etait hors d’usage suite au tremblement de terre et du tsunami qui a suivi.

En seconde les medias nous sortent a toutes les sauces ‘c’est comme Chernobyl’ ou bien ‘on est sur le meme niveau de l’echelle quand l’explosion de chernobyl a eu lieux’. Stop, Chernobyl n’a pas explosée. Elle s’est effondrée suite a une explosion a l’interieur de la centrale a cause d’une importante montée de chaleur et d’energie (en qq secondes, la puissance du reacteur est passé du simple au centuple). De plus, il est du a une erreur humaine, lors d’un test de redemarrage des moteurs, et non pas a une catastrophe naturelle). Comparons ce qui est comparable

Donc je suis d’accord sur la question “Et la place du nucleaire”, mais pas de la manière dont tu l’entends. Pour moi la question est surtout comment définir un endroit viable et sans danger ou construire une centrale nucleaire.

Le Japon est un endroit secoué tres souvent, et malgré les systemes anti sismique mis en place, ils auraient du se douter que cela n’allait pas être suffisant.
Prenons la France, peu de seisme, et le peu que nous avons ne sont pas d’une violent surhumaine. Peu de tornade ou cyclone et aucune chance de raz de marée. La France est du coup mieux placé pour avoir des centrales nucléaires en sa possession.

L’ideal, serait de finir le projet de Centrale à fusion inertielle, qui a plus d’avantage qu’une centrale nucleaire, et moins de dangers pour l’environnement :

-aucun gaz à effet de serre, comme le gaz carbonique, n’est dégagé
-le combustible, constitué de deutérium ou de tritium (isotopes de l’hydrogène) dans la plupart des projets actuels, ne présente aucun risque de pénurie : le deutérium existe en quantité quasi illimitée dans les océans, et le tritium est un sous-produit de la production d’énergie nucléaire, aussi bien de fission que de fusion
-la quantité de déchets radioactifs est beaucoup plus faible7 que celle produite par les réacteurs nucléaires à fission actuellement utilisés ; mais surtout, la période radioactive des déchets est beaucoup plus courte, de l’ordre de quelques dizaines d’années, contre des centaines de milliers d’années, voire des millions d’années, pour les déchets des réacteurs à fission

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#5

Centrale du Blayais.

un poil plus rock’n’roll que ce qu’indique ta description dans les faits.

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#6

ah oui merci pour le nom.

Oui en effet, j’ai juste essayé de faire simple en fait :slight_smile:

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#7

Globalement la frénésie médiatique est totalement insupportable
Je ne pense pas que l’on puisse aller vers la sérénité sur ce débat.

De tous coté le débat se joue sur la peur
Peur de l’accident d’un coté, peur de la dépendance énergétique de l’autre. Et surtout le débat est complétement bloqué par le dénigrement

Tu as un argument pro nucléaire … tu es donc un pro Areva qui fait du lobying
Tu as un argument anti nucléaire … tu es un ecolo qui pense à ses voix pour les prochaines élections

Puisque l’on a plus confiance dans les instituts scientifiques (qui cachent et magouillent tout) on préfère se référer à des gourous.
Je n’ai jamais entendu autant de conneries/approximation en physique

Pour moi la question est :

Soit le nucléaire est une aventure humaine au sens “historique”, il faut accepter les accidents. Se dire que celui qui contrôlera l’énergie de l’atome sera le mieux armé pour affronter le futur.

Soit on considère que l’atome est trop dangereux pour l’humain, que la physique atomique doit rester dans le domaine de la recherche et non dans le domaine de l’industrie car jamais l’homme sera assez sage pour la contrôler

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#8

c’est l’argument qui est en parti lancé depuis la catastrophe du japon, et surtout par les partis ecolo (et Mme Royal qui nous sortait ses 17%).

Pays Part Production d’électricité nucléaire en 2006 (GKWh)
�?tats-Unis 19% 787
France 79% 428
Japon 28% 288
Allemagne 27% 159
Russie 15% 144
Corée du Sud 37% 141
Canada 16% 93
Ukraine 47% 85
Royaume-Uni 19% 72
Suède 45% 63
Espagne 20% 57
Chine 2% 55
Belgique 55% 44
Taiwan 18% 38
Suisse 43% 26
Rép. tchèque 32% 25
Finlande 28% 22
Bulgarie 42% 18
Slovaquie 54% 17
Inde 2% 16
Brésil 3% 14
Hongrie 38% 13
Afrique du Sud 4% 10
Mexique 4% 10

Ca, ca indique le pourcentage qu’est la production d’energie par le nucleaire sur les pays listés.
“France 79%”

Rien qu’avec ca je pense que le stade de la recherche est fini depuis un bout de temps, et que le nucléaire a fait ses preuves.

Et en effet, la frénésie médiatique est tout simplement abominable. Entre la désinformation, le “je-te-balance-des-chiffre-pour-dire-de”, et le “attention! prenez de l’iode pour contrer les retombée radioactive”, on nage en plein délire.
Je pense surtout que tous autant qu’ils sont (que ce soit les médias, les politiciens en place pour les prochaines élections) ne cherchent qu’une chose, a surfer sur des catastrophe pour faire monter leur cotes, et d’un coté, faire monter leur audimat, et de l’autre la probabilité d�??être en tête de liste pour des élections.

Je suis bien content de ne pas avoir la TV chez moi.

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#9

Non le nucleaire n’as pas fait ses preuves .
Vraiment pas .
et en france on ne sait plus faire de centrales .

Apres c’est la formule du risque :
R=P*G R risque P Probabilité G gravité .

il ne suffit pas que la proba soit faible ( car tout ce que l’on fait en conception ne fait que diminuer la proba de l’accident ), car aujourd’hui la technologie ne sait pas diminuer la gravité . Fukushima est le parfait exemple . ca a tenu, bien tenu , mais ca à pété . et que se passe t il ? ben ca fout le monde entier dans la merde . ca impacte pas une petite zone avec possibilité de bien circonscrire les consequences de l’accident . Non .

donc tant que la gravité ne sera pas diminuable par la technologie la formule du risque demontrera que le nucleaire n’est pas acceptable en l’etat .

Diminer P ne suffit pas . il faut diminuer G et ca on ne sait pas faire . donc on ne maitrise pas donc toutes les questions sont legitimes .

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#10

En France je suis plutôt confiant sur l’état des centrales. Il suffit de voir ce qui se passe dans les anciens bloc de l’Est pour être beaucoup moins enthousiaste. Je ne suis pas pour le nucléaire à tous crins et pour tout le monde. L’Italie pourrait être touchée par des séismes (300 000 morts en 50 ans, 30 ans sur la même période en France) et ne doit donc pas développer dans les zones sismiques une centrale nucléaire.

La France devrait pousser très fort sur la question nucléaire dans le monde : l’AIEA s’est révélée être inutile et a du aller demander aux Japonais avant d’entrer et se frotter les pieds pour regarder poliment ce qui se passait. On doit avoir à l’échelle internationale des règles communes et donc aussi strictes que les règles françaises. (deux exemples : Areva avait proposé à Tepco des systèmes neutralisant l’hydrogène produit en cas de thermolyse ou radiolyse de l’eau. Tepco a refusé. De plus l’entreprise a délibérément décidé de ne pas arrêter les réacteurs de Fukushima pour continuer à les exploiter sans mesurer le risque. Intérêts économiques et sûreté ne peuvent pas se confondrent à ce point). Je ne vois pas qui à l’échelle internationale désormais peut avoir cette volonté, tout en notant que la majorité des pays qui s’étaient relancés dans le nucléaire n’ont pas infléchis leurs programmes. Si la France sort du nucléaire, la Corée du Sud ira toujours vendre ses centrales à des pays qui vont de plus en plus le demander, même si cette énergie ne va pas être essentielle, elle va jouer un rôle non négligeable.

Quand à la stratégie française sur le nucléaire, je vous conseille la dernière audition de Bernard Bigot à l’Assemblée Nationale, présentant les tenants et aboutissements de la filière française et des divers engagements sur les autres énergies. L’entretien date de février 2011, c’est intéressant de voir comment il réagit au sujet de la sûreté à l’époque évaluée par certain trop importante sur l’EPR :
http://www.lcp.fr/recherche/Bernard%20Bigot
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-eco/10-11/c1011039.asp

Les recommandations d’Allègre sur le sujet sont assez pertinentes je trouce :

  • Séparer nucléaires civil et militaire en France (le CEA a les mains dans les deux domaines)
  • Arrêter la politique infantile autour du nucléaire et faire participer la population
  • Notamment via une institution réunissant des citoyens, politiques et professionnels pour structurer le débat sur l’énergie : la question sera difficile à débattre car très vaste

Et j’ajouterais : avoir le courage politique de dire aux Français qu’il faut augmenter le prix de l’énergie et malgré la division qui se profile en France et Allemagne, avoir une politique d’énergie commune en Europe. Le moratoire allemand ne tenant que si les centrales françaises sont fermées en cas d’accident majeur. Une institution européenne indépendante pouvant intervenir dans n’importe quelle centrale est une solution pouvant être ensuite servir d’exemple pour une éventuelle ASN mondiale.

Quand à la fusion, c’est pour l’instant un v�?u pieux et n’arrivera pas commercialement avant 2100, on peut griller d’ici là le charbon, gaz et pétrole qui nous restent. La génération 4 en France sera expérimentée dès 2017 avant une exploitation prévue en 2040. C’est une solution tout à fait envisageable mais la question de la sûreté redouble.

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#11

je suis d’accord sur le fait que le risque n’est pas au niveau 0. Comme beaucoup de chose.
On ne diminue pas la gravité de la chose, mais la probabilité qu’elle arrive.

Cela dis, si la probabilité qu’un accident arrive tend vers 0, dans ce cas la, le risque tend vers 0 lui aussi (mathématique de base, tu as beau multiplier l’infini par 0, tu auras 0 en sortie).

Apres, je suis d’accord pour dire que la viabilité d’un projet ne depend pas que de P. Si P est a 0.00000001 mais que la gravité correspond a 1 Milliard de mort, oui en effet ca n’est pas viable. Le tout dépend des circonstance et des données fournie avec.

Apres, pour toi, la gravité d’une catastrophe nucléaire, c’est combien? Plus de 4 sur l’echelle INES?

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#12

Après toutes ces interventions qui dépassent un peu mes compétences mais qui sont extrêmement intéressantes : Claude Allègre chez PPDA :wink:

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#13

Le risque climatique est-il sur ton échelle INES ?

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#14

Tu dis: ne soyons pas manichéen:

[quote=“Losange, post:7, topic: 52447”]
Tu as un argument pro nucléaire … tu es donc un pro Areva qui fait du lobying
Tu as un argument anti nucléaire … tu es un ecolo qui pense à ses voix pour les prochaines élections[/quote]
Et quelques lignes plus tu fais du manichéisme.

Moi je considère en théorie que c’est une énergie du futur mais il y a 2 soucis majeurs:

  • le non retraitement du combustible (mais ce n’est pas un danger immédiat bien qu’il obère les générations futures)
  • les risques énormes quand ça merde. On est d’accord que ça merde très très rarement mais le jour où ça merde ça prend des proportions considérables (inhabitable pendant un très long moment).

Donc même si certains média en font trop, cela ne disqualifie pas pour autant les réflexions sérieuses sur la pertinence ou non de continuer dans cette voie surtout avec ce lobbying opaque. S’il fallait arrêter de se poser des questions dès qu’un média s’en empare, on ne parlerait plus de rien. Et c’est normal de se poser des questions après cette catastrophe.

Je comprend que ça t’énerves qu’on déformes ce métier, comme souvent pour son propre métier on est effaré par les approximations journalistique. Il n’empêche qu’il est insupportable que Tepco ait mal geré cette crise et qu’on ait construit une centrale si près d’une faille. Donc le mot insupportable est exagéré.

Mais comme je le disais dans un précédent message je n’étais ni contre ni pour le nucléaire, mais ce genre de message disant “tout va bien madame la marquise” ça me rend extrêmement dubitatif car à chaque fois la filière minimise les incidents. (Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne parle pas de monté en épingle d’incidents mineurs).

Et justement notre problème en France c’est d’être beaucoup trop dépendant du nucléaire: il ne faut pas arrêter de faire des recherches sur d’autres ressources, arrêter de tout miser sur le nucléaire, ce qui ne veut pas dire l’arrêter à court terme.

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#15

L’échelle INES n’a plus beaucoup de sens par rapport aux conséquences de l’accident si on met au même niveau Tchernobyl et Fukushima. Au Japon, aucun c�?ur de réacteur n’a pour l’instant explosé en larguant plein de radio-nucléides dans l’air. Il s’agit d’arriver à refroidir des réacteurs de façon fiable en attendant qu’ils soit totalement éteints et sans larguer trop d’eau irradiée en mer à la base. Si j’ai bien suivi, Fukushima n’a relâché que 10% de ce que Tchernobyl a largué en radioactivité, il n’y a pas eu autant de victimes et les Japonais ont l’air pas trop pessimistes pour aller habiter à nouveau dans le coin sans risquer les effets de radiations.
Pourtant, l’incident est passé au niveau 7 ; uniquement parce que le Japon a décidé de tout compter ensemble au lieu de faire de l’épicerie fine en fonction des réacteurs touchés.

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#16

L’échelle INES confirme bien le principe comme quoi ce n’est pas le phénomène qui compte mais sa mesure (Heisenberg ?). On regarde l’échelle graduée sans savoir à quoi cette échelle correspond.

Idem pour la magnitude, présentée comme l’échelle de Richter, ce qui est faux, on oublie de préciser qu’en deux échelons (de 8 à 9 par exemple) le phénomène est 30 fois plus puissant, puisque l’échelle n’est pas linéaire mais logarithmique (d’où le micro débat déplaçant le séisme japonais de 8.1 à 9).

Quand on sait et on prend un minimum de recule, c’est bien tarte. Vive la science, ça m’a libéré de pas mal de frousses infondés de mes chers contemporains.

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#17

Oui, mais enfin, sans être beatnik anti-nucléaire et regrettant comme Phili_b l’horrible battage médiatique (et reconnaissant même le nucléaire comme la meilleure source d’énergie à court-moyen terme), je suis pas vraiment d’accord.

Parce que quoi que l’on dise, on ne maîtrise pas le risque nucléaire. Point barre. Le risque est l’impact de la menace ou du danger sur les vulnérabilités d’un système.

Ici si on prend plusieurs systèmes, que l’on étudie leurs vulnérabilités et qu’on les met en parallèle avec le danger (ici le nucléaire), le postulat se vérifie.
[ul]
[li]le système environnement (type faune/flore)[/li]1) vulnérabilité : manque de défenses des métabolismes contre la radioactivité, malgré les décontamination (fastidieuses voire de facto quasi-impossible)
2) impact : contamination puis altération (négative) de cet environnement
[li]le système “métabolisme humain” [/li]1) vulnérabilité : manque de défenses des métabolismes contre la radioactivité, l’iode n’étant pas la panacée
2) impact : altération de la santé des populations à court, moyen et long terme
[li]le système “socio-économique” [/li]1) vulnérabilité : repose sur la confiance
2) impact : la confiance est ébranlée par la catastrophe => frilosité des investisseurs, frilosité des touristes, arrêt de production de biens et services, crise économique/budgétaire
[li]le système institutionnel.[/li]1) vulnérabilité : culture de la résilience peu développée ou mal développée (envisagée qu’à court terme et pas d’un point de vue économique)
2) impact : gestion satisfaisante (encore que, ça dépend du pays) de la crise à court terme (secours d’urgence, évacuations, accompagnement des victimes, reconstruction d’infrastructures) mais pas de résolution de crise sur le moyen-long terme (l’Etat n’a pas nécessairement les reins assez solides pour assurer le redémarrage économique, le suivi psycho-sanitaire des victimes sur le moyen-long terme, l’indemnisation des expropriations, la veille environnementale, la dé-pollution, le développement de sources palliatives d’énergies…)
[li]…[/li][/ul]

Et on peut décliner et affiner ces différents exemples de systèmes selon différents prismes et dans différents pays. Après, ce que l’on peut faire, au mieux, c’est essayer de faire en sorte que le risque ne se concrétise pas. Mais le Japon nous a malheureusement montré que la loi de Murphy est toujours d’actualité et que des détails anodins peuvent entrainer des soucis (des branches d’arbres qui empêchent un système de refroidissement de bien jouer son rôle). Les stress-tests qu’on nous annonce pour les centrales françaises ne constitueront pas des garanties absolues ou des cartes blanches.

Accepter les accidents dans des sociétés qui n’ont une résilience limitée (voire pas de résilience du tout) face à un risque concrétisé, c’est être sûr que la-dite société se casse la gueule.
Alors oui au nucléaire, mais dans un système donnant-donnant : nucléaire contre gestion de exemplaire de crise à court terme et résilience bien planifiée et exhaustive, quand bien même elle coûte extrêmement cher. Parce que faire le pari : “je développe une technologie à risques majeurs mais qui ne se concrétiseront pas et donc j’ai pas besoin d’investir dans ma résilience” c’est tout simplement stu-pide.

Et ce développement ne peut pas se faire sans perdre l’idée que le nucléaire en l’état se base sur de l’uranium, ressource finie, au même titre que le pétrole et qu’il sera peut-être difficile de s’en procurer. Pour nous en France, l’approvisionnement par le Canada semble sûr, depuis le Kazakhstan il pourrait devenir moins certain (l’autorité des régimes dictatoriaux n’est plus une autorité irréfragable par les temps qui courent, même si elle est pratique pour les contrats d’exploitation) et depuis le Niger il pourrait être soumis à quelques problèmes sous peu (AQMI bénéficiant du libre service qui est désormais la norme dans les armureries libyennes).

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#18

on ne peut pas les mettre au meme point, ou difficilement, sur un point humain j’entend.
Il faut se souvenir que Chernobyl, l’accident a eu lieu a 1h du mat’, en URSS. Gorbachov lui même a mis plusieurs a avoir vent de la catastrophe, et il a lui meme avoué que personne n’etait preparé a ce genre de probleme dans le bloc sovietique.

Au japon, ils savent deja que ca peut dégénerer d’un moment a un autre, les japonais sont d’un ordinaire calme (imaginez le bordel si c’etait arrivé en france), et le gouvernement est du coup déjà plus ou moins preparer a une eventuellement degringolade. De plus il me semble qu’il y a encore pas mal de pays etrangers sur place, pour aider par rapport au eventuel souci, ou pour arranger le problème asap.

la grosse différence est la, il faut pas oublier ca déjà :slight_smile:

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#19

Sauf qu’en URSS il ont pu envoyer beaucoup de gens (700 000 je crois) à la mort, évidement seule une partie y sont passé à court terme, mais quand même. Bonne chance pour faire la même chose en démocratie. D’après le reportage http://www.dailymotion.com/video/x6xbsg_la-bataille-de-tchernobyl-1-5_news , si le coeur en fusion avait touché l’eau (et on n’est pas passé loin), une bonne partie de l’Europe n’aurait plus été habitable. Oui le nucléaire a plein d’avantages, mais les conséquences d’un accident sont tellement énormes et non maîtrisées que je ne vois pas comment cela peut être acceptable.

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#20

Non, difficile d’avoir des statistiques plausible, 21 ans apres et surtout en pleine guerre froide (fin de la guerre froide, 1991 FYI).

Si tu essayes de comparer les rapports a gauche et a droite (que tu peux trouver facilement en googlant ca) tu as ca :

pour les “liquidateurs” (ceux envoyés en pleine zone contaminé pour enterrer les corps,les recuperers, faire de l’enfouissement de dechet,…) de 25 000 à 100 000 morts et plus de 200 000 invalides
pour les populations exposées à la contamination, les estimations vont de 14 000 à plus de 560 000 morts par cancer, et autant de cancers non-mortels.

ca fait une brochette large, pour ca que c’est pas comparable en autre, on parle de deux époques totalement différentes. Certes il y aura et il y a eu de morts, mais ca sera dans des conditions différentes

Cela dis, tres beau reportage.
Mais comme dis dans le reportage, meme les habitants de Prypiat n’ont pas été mis au courant. Comme dis dans l’apres midi ils commencairnt a peine a faire les tests dans la ville.
Une chose qui ne peut pas arriver actuellement

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